La première phase des travaux de la route Kalemie–Manono atteint 85 % d’exécution, selon l’Agence congolaise des Grands Travaux. Elle porte sur l’aménagement en terre d’environ 430 km et la réalisation des ouvrages de traversée, avec une livraison annoncée pour novembre 2026. Le contrat global de concession, évalué à 537,2 millions USD, prévoit à terme la modernisation de 446 km de route.
Le chantier Kalemie–Manono entre dans les derniers mois de sa première phase. Une mission d’inspection menée début août par l’Agence congolaise des Grands Travaux a évalué son taux global d’exécution à 85 %. Les travaux actuellement concernés ne correspondent toutefois pas encore à l’achèvement définitif de la route bitumée. Cette première séquence consiste principalement à aménager une route en terre battue sur environ 430 km et à réaliser les ouvrages nécessaires aux franchissements.
Cette précision permet de mieux lire le taux de 85 %. Le contrat de concession signé avec le consortium Phaepon Construction SARL et Engineering and Service porte sur un programme plus large, prévu sur cinq ans et organisé en deux phases. L’ACGT avait annoncé en janvier 2024 un investissement privé de 537 238 110,06 USD pour construire 411 km de route bitumée sur la RN33 entre Manono et Lukengo, puis 35 km sur la RN5 entre Lukengo et Kalemie, soit 446 km au total.
Six ponts se rapprochent de la réception technique
La mission de contrôle s’est notamment concentrée sur six ouvrages d’art qui doivent prochainement faire l’objet d’une réception technique. Le plus important est le pont Kiyambi, long de 320 mètres, qui franchit la rivière Luapula. Son tablier est désormais réalisé en béton. Les autres infrastructures comprennent le pont Mbayo de 44 mètres, deux ouvrages de 22 mètres et deux autres de 18 mètres. Ensemble, ces six ponts représentent environ 444 mètres, selon un calcul de Lepoint.cd à partir des longueurs communiquées.
L’ACGT estime que les ouvrages inspectés présentent un niveau d’achèvement conforme aux caractéristiques techniques prévues. Les interventions qui restent à effectuer concernent notamment les murs de protection du pont Kiyambi. Sur la chaussée, les équipes travaillent actuellement entre les PK 34 et 52 ainsi qu’entre les PK 55 et 340. Les opérations portent sur le terrassement, la mise en forme de la plateforme et la préparation des prochaines étapes des travaux routiers.
Trois sous-traitants ont été mobilisés par le concessionnaire pour répartir les différents lots du chantier. La livraison de cette première phase reste annoncée pour novembre 2026. Elle devra permettre de disposer d’un axe praticable et équipé de ses principaux ouvrages avant la poursuite du programme de modernisation prévu par la concession.
Le chantier avance après la baisse du péage
L’évolution des travaux intervient quelques semaines après une autre modification importante sur cet axe. Depuis juillet, le tarif appliqué aux semi-remorques d’au moins six essieux est passé de 1 222 à 200 USD par passage, soit une réduction d’environ 83,6 %. Le nouveau barème est appliqué notamment aux postes de Kachelewa et Tundwa par Phaepon Construction.
La combinaison du chantier et du péage donne à ce partenariat public-privé une dimension économique particulière. Le concessionnaire doit investir dans l’amélioration de la liaison tout en exploitant l’infrastructure à travers les droits de passage. Pour les opérateurs économiques, l’intérêt réel du projet se mesurera donc à la fois à la qualité finale de la route, au temps nécessaire pour relier Kalemie à Manono et au coût du transport des marchandises.
Cet axe assure la liaison entre le port de Kalemie et les territoires de Nyunzu et Manono, une zone où les activités minières et agricoles augmentent les besoins de transport. L’Agence du Corridor central considère également cette route de 446 km comme une infrastructure destinée à renforcer les échanges entre la région de Manono et Kalemie.
La prochaine vérification interviendra en novembre. Elle devra établir si les 15 % de travaux restant sur la première phase auront effectivement été achevés, si les six ouvrages auront obtenu leur réception technique et dans quel calendrier le projet passera de l’aménagement actuel à la modernisation complète prévue par le contrat de 537,2 millions USD.
— M. MASAMUNA









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