La centrale hydroélectrique Ruzizi 1, à Bukavu, est passée de 23 à 18 MW, soit 5 MW de moins, a indiqué la direction régionale de la SNEL le 5 octobre 2026. L’étiage observé depuis juin et des déchets plastiques bouchant la prise d’eau expliquent cette baisse.
La Société nationale d’électricité (SNEL) attribue la baisse à un « étiage très prononcé », c’est-à-dire un fort recul du débit de la rivière Ruzizi, observé depuis juin, selon son communiqué relayé par Congo Quotidien et MediaCongo. Les 5 MW perdus représentent 21,7 % de la puissance précédemment disponible, d’après un calcul de Lepoint.cd. La SNEL prévient de perturbations dans la fourniture d’électricité à Bukavu et dans ses environs. La production dépendra de la remontée du niveau du lac.
Des déchets plastiques dans la prise d’eau
Un second facteur aggrave la situation. Après de fortes pluies à Bukavu en septembre 2026, des déchets plastiques emportés vers la Ruzizi ont obstrué la prise d’eau de la centrale. La SNEL a appelé la population à ne pas jeter de déchets dans les caniveaux. Pour les ménages, les commerces et les petits ateliers qui dépendent de cette électricité, une puissance réduite se traduit par plus de coupures.
Une réhabilitation inscrite au Compact énergétique
La remise à niveau de Ruzizi 1 figure dans le Compact énergétique de la RDC, sur la période 2025-2027, avec une enveloppe de 25 millions d’euros sous forme de subvention du gouvernement allemand. La centrale réhabilitée doit atteindre 30 MW, soit 67 % de plus que les 18 MW disponibles aujourd’hui, d’après un calcul de Lepoint.cd. En février 2026, la SNEL avait ramené la production à 15 MW du 10 au 17 février pour mener des études bathymétriques de la retenue, c’est-à-dire des relevés de profondeur.
Une centrale en zone tenue par le M23
Bukavu est passée sous le contrôle de l’AFC/M23 en février 2025. La communication sur la centrale émane de la direction régionale de la SNEL. Le chantier de réhabilitation financé par l’Allemagne se déroulera donc dans un contexte où l’accès aux sites, aux équipements et aux financements reste lié à l’évolution de la situation sécuritaire dans le Sud-Kivu.
Le prochain indicateur à suivre est le niveau du lac Kivu à la fin de la saison sèche, qui conditionnera le retour de Ruzizi 1 vers ses 23 MW.









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