À l’occasion de la Journée mondiale de la Poste, le directeur général adjoint de la Société congolaise des Postes et Télécommunications (SCPT), Jolino Makelele, a demandé l’application stricte de la loi 012 du 16 octobre 2002. Ce texte réserve à la Poste le traitement des courriers et colis jusqu’à 2 kg. Le respect de ce périmètre régulé sécurise des volumes récurrents, reconstitue la base de revenus et soutient l’investissement dans le réseau.
« Nous en appelons au respect strict de la loi 012 du 16 octobre 2002 établissant l’exclusivité de la Poste pour les envois jusqu’à 2 kg », a déclaré le DGA.
Exclusivité des envois légers : un levier de recettes et de service universel
La SCPT avance trois arguments financiers et opérationnels. D’abord, l’exclusivité sur les envois légers crée une rente régulée indispensable au service universel : distribution régulière, maillage des bureaux, délais stables. Ensuite, l’affectation prioritaire des flux des administrations et des entreprises publiques à l’opérateur national accroît la prévisibilité des volumes, condition pour planifier achats logistiques, maintenance et distribution. Enfin, l’encaissement effectif des créances de l’État — rappelées par la direction — restaure la trésorerie et réduit le coût de portage des dettes fournisseurs.
Sur l’offre, la SCPT met en avant un portefeuille complet : courrier d’entreprise, petits paquets et colis, timbres et services financiers via poste-finance (transfert d’argent). Elle revendique une présence fonctionnelle dans les 145 territoires du pays, socle de distribution demandé par les clients institutionnels et les e-commerçants. La relance passe aussi par des outils modernes : nouvelle émission de timbres et portail de commerce en ligne pour des transactions sécurisées, destinés à capter la demande domestique et transfrontalière.
La direction reconnaît des années de sous-investissement : réduction de la couverture opérationnelle, atteintes au patrimoine immobilier, retards de paiement. D’où la priorité au recouvrement des créances publiques et à l’application de la loi sur les ≤ 2 kg. Le schéma financier est clair : (1) faire respecter le périmètre réservé pour stabiliser les recettes ; (2) flécher les volumes publics vers l’opérateur national pour densifier le trafic ; (3) recapitaliser la logistique et le réseau pour améliorer les délais et la qualité de service ; (4) adosser la croissance postale aux activités télécoms (internet, fibre optique, téléphonie) et aux services financiers afin de diversifier les marges.
L’application stricte de la loi 012 n’est pas un débat théorique. C’est une mesure de régulation qui met de la prévisibilité dans les volumes, de la liquidité dans la caisse et de la visibilité dans l’investissement. La SCPT demande aux pouvoirs publics de l’appliquer et de régler les arriérés, pour que la chaîne postale retrouve des coûts maîtrisés et un niveau de service attendu par les usagers.
— M. KOSI



