Un récent rapport de la Banque africaine de développement (BAD) souligne que la transition écologique durable en République Démocratique du Congo (RDC) ne peut se réaliser sans une implication accrue du secteur privé. La mobilisation de fonds privés devient indispensable pour atteindre les objectifs fixés d’ici à 2030.
En 2022, la RDC a enregistré une croissance économique de 8,5 %, principalement portée par une reprise du secteur extractif, notamment la production de cuivre et de cobalt. Cette année-là, la production de cuivre a progressé de 31 % et celle de cobalt de 20 %, en partie grâce à la réactivation des activités de Mutanda Mining. Cependant, cette dynamique a été freinée par une inflation atteignant 9,1 %, exacerbée par les tensions internationales et les perturbations des chaînes d’approvisionnement alimentaires provoquées par la guerre en Ukraine.
Le secteur non-extractif a également contribué à la performance économique du pays, avec une croissance de 3,2 %, tirée principalement par le secteur des services. Malgré ces progrès, la transition vers une économie verte rencontre des difficultés de financement. Actuellement, les financements privés représentent seulement 3 % des ressources mobilisées, soit 14,3 millions USD sur un total de 495,1 millions USD consacrés à la transition verte. Le défi est d’autant plus grand que le besoin de financement global est estimé à 66 milliards USD d’ici 2030, impliquant une mobilisation annuelle de près de 6 milliards USD.
Face à ce déficit, la BAD insiste sur l’importance des partenariats public-privé (PPP). Sans cette coopération, le gouvernement devra intensifier les efforts budgétaires, risquant ainsi de compromettre les ambitions de diversification économique du pays.
Le potentiel énergétique de la RDC offre pourtant des opportunités intéressantes pour les investisseurs. Le développement de l’hydroélectricité, encore largement inexploité, pourrait répondre aux besoins des industries et de l’agriculture. En outre, le pays dispose de 80 millions d’hectares de terres arables, dont seulement 10 millions sont cultivés à ce jour, laissant entrevoir un fort potentiel pour des investissements agricoles durables.
Néanmoins, certains obstacles persistent. En 2022, le taux de bancarisation en RDC n’était que de 13 %, limitant l’accès des entreprises aux financements. Les réformes institutionnelles demeurent nécessaires pour améliorer la gouvernance et renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers.
Dans ce contexte, le Plan national d’adaptation (PNA) et les engagements liés à la Contribution déterminée au niveau national (CDN) mettent en lumière l’urgence de moderniser le cadre réglementaire et financier afin de faciliter l’accès aux fonds internationaux et garantir la stabilité économique. Les réserves internationales, en hausse de 43 % en 2022 et couvrant 1,9 mois d’importations, montrent l’importance des exportations minières dans la consolidation de la stabilité macroéconomique du pays.
Cependant, pour réussir la transition vers une économie durable, le secteur privé devra renforcer son engagement, en dépassant le seuil actuel de 3 % de participation aux financements verts. Les efforts devront se concentrer sur des secteurs porteurs comme l’agriculture et les énergies renouvelables. La réussite de cette transition repose sur le développement de partenariats public-privé solides et des réformes institutionnelles adaptées, indispensables pour attirer les capitaux nécessaires et aligner la croissance économique sur les impératifs environnementaux mondiaux.



