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Une croissance de 6,0 % du PIB, associée à une confiance d’affaires à +36,6 %, illustre la progression économique de la RDC malgré un déficit de 281,8 milliards CDF

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Kinshasa, 06 Février 2025 – Dans un contexte international en pleine évolution, la Banque Centrale du Congo dévoile une analyse économique qui met en lumière la vigueur de l’économie congolaise, tout en rappelant la fragilité de l’environnement mondial actuel. La projection d’une croissance du PIB réel à 6,0 % pour 2024 s’appuie sur une activité minière soutenue et des cours des matières premières avantageux. Ce dynamisme interne se reflète également dans la confiance affichée par les dirigeants d’entreprise, qui a atteint un pic de +36,6 % en décembre 2024, témoignant d’un regain d’optimisme dans les secteurs extractif, manufacturier et des services.

Sur la scène mondiale, la baisse des coûts énergétiques et la normalisation progressive des chaînes d’approvisionnement contribuent à ramener l’inflation moyenne à environ 2,7 % pour la période 2025-2026, alors que la croissance mondiale se stabilise autour de 2,7 %. Toutefois, cette évolution masque des disparités régionales notables : aux États-Unis, la croissance ralentit pour passer de 2,3 % en 2025 à 2,0 % en 2026, tandis que la zone euro se contente d’un taux de 1,0 % grâce à des investissements ciblés. La Chine, quant à elle, subit un recul à 4,5 % en raison d’une consommation modérée et d’un marché immobilier en repli.

Sur le plan national, les indicateurs financiers dessinent une image contrastée. Alors que l’inflation hebdomadaire se situe à 0,20 % fin janvier 2025, avec un cumul annuel de 1,01 % – en baisse par rapport aux 1,38 % de l’année précédente –, le taux annuel reste élevé à 11,07 %, soulignant des pressions sous-jacentes sur le pouvoir d’achat. Dans le même temps, la trésorerie de l’État accuse un déficit de 281,8 milliards CDF, comblé par l’émission de titres publics. Les recettes fiscales, stimulées par les performances des services douaniers et fiscaux, progressent de 24,6 % par rapport à 2024, et le gouvernement prévoit de lever 150 milliards CDF et 400 millions USD au premier trimestre via des obligations, tandis que l’encours des titres publics atteint 3.549,3 milliards CDF, dont 88 % en devises.

L’analyse met également en exergue des réserves internationales en hausse, qui culminent à 6.307 millions USD, représentant environ 2,41 mois d’importations, malgré une légère dépréciation du franc congolais à hauteur de 0,05 % par rapport au dollar sur une base hebdomadaire. Les produits miniers affichent des variations contrastées : le cuivre enregistre une baisse de 2,60 % sur la semaine, compensée par une progression de 3,30 % depuis décembre, le cobalt reste stable à 24.050 USD/tonne, tandis que le cours de l’or progresse de 4,60 % en un mois, sous l’effet de tensions commerciales persistantes. Par ailleurs, la balance commerciale se maintient en excédent avec 8.605 millions USD en fin d’année, représentant 10,36 % du PIB, grâce à une hausse des exportations de près de 20 % et à une diminution des importations de 8,73 %.

La politique monétaire se traduit par une injection de liquidités via le « Bon BCC », qui a permis de ponctionner 96,9 milliards CDF et de porter l’encours total à 688,9 milliards CDF. L’augmentation de 5,77 % des dépôts bancaires en décembre 2024, majoritairement libellés en devises (91,36 %), ainsi que la progression de 0,37 % des crédits bruts, principalement destinés aux entreprises et aux ménages, illustrent la recherche d’un équilibre dans l’offre de financement.

Au-delà des chiffres, cette analyse révèle une RDC en pleine adaptation face à un environnement international marqué par des tensions géopolitiques, des révisions tarifaires et les défis posés par le changement climatique. La capacité du pays à diversifier son économie et à renforcer ses structures financières déterminera la pérennité de cette croissance dans un climat incertain.

— M. MATUVOVANGA

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