Kinshasa s’impose comme l’épicentre d’un appel vibrant en faveur de l’industrialisation des ressources minières en République démocratique du Congo. Lors du forum Makutano, le ministre de l’Industrie, Louis Watum Kambamba, a plaidé pour une transformation locale des minerais afin de maximiser leur valeur ajoutée avant exportation. Cette approche stratégique, selon lui, exige une synergie entre les entreprises publiques et privées, une condition essentielle pour inscrire durablement le pays sur la voie de l’industrialisation. « Industrialiser est indispensable pour exporter des produits à valeur ajoutée. La synergie entre les acteurs est primordiale pour progresser dans cette dynamique », a-t-il affirmé, appelant les parties prenantes à l’unité d’action.
Le forum Makutano, à sa 10ᵉ édition, a mis un accent particulier sur l’industrie des batteries électriques, soulignant à la fois les défis et les opportunités de ce secteur prometteur. Bien que la RDC détienne une grande partie des ressources nécessaires à leur production, elle ne capte actuellement que 3 % de la chaîne de valeur mondiale, un marché estimé à près de 10 000 milliards de dollars. Louis Watum a rappelé l’importance d’une vision à long terme, évoquant la nécessité de maintenir une stratégie continue sur plusieurs décennies pour garantir une position stratégique. Il a également insisté sur la consolidation de partenariats stratégiques solides pour tirer pleinement parti de cette industrie en pleine expansion.
Par ailleurs, l’essor de cette industrie repose sur deux piliers fondamentaux : des infrastructures adaptées et une énergie fiable. Eric Monga, entrepreneur et initiateur de la centrale photovoltaïque de Lumbwe, a proposé des solutions basées sur l’énergie solaire pour alimenter les usines de transformation. Il a également mis l’accent sur la nécessité d’améliorer les infrastructures routières afin de faciliter le transport des minerais et des produits finis, une étape essentielle pour soutenir la transformation locale des ressources.
La Gécamines, acteur clé du secteur minier en RDC, a annoncé un programme ambitieux d’exploration doté d’un budget de 500 millions de dollars. Cet investissement vise à identifier et exploiter des minerais stratégiques comme le cuivre et le cobalt, indispensables à la production de batteries électriques. Néanmoins, le secteur fait face à des défis, notamment la récente baisse des prix du cobalt. Une réflexion sur la régulation de l’offre est en cours pour stabiliser le marché et pérenniser les investissements. La Gécamines a également lancé des projets énergétiques en collaboration avec ses partenaires, renforçant ainsi son rôle dans cette transformation.
Dans ce contexte, un dialogue renforcé entre le secteur privé et le gouvernement se profile comme une priorité. Ambroise Tshiyoyo, premier vice-président national de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), a exprimé la nécessité de redéfinir les relations entre les deux parties. Il a appelé à des méthodes de collaboration innovantes pour stimuler l’économie nationale et multiplier les opportunités de création de richesses. Ces initiatives illustrent une volonté commune de donner un nouvel élan à l’économie congolaise, tout en exploitant efficacement le potentiel immense des ressources minières locales.
Par Peter MOYI

