Les chiffres du rapport 2024 du Fonds pour l’Inclusion Financière confirment un rôle de plus en plus structurant dans l’économie congolaise.
En 2024, le FPM SA a consolidé sa position d’instrument clé du financement des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) en République démocratique du Congo, avec 50,4 millions USD d’encours de crédits et 134,8 millions USD d’actifs sous gestion. La rentabilité ressort à 3 %, un niveau rare pour une institution spécialisée dans l’inclusion financière, d’autant que le taux de remboursement reste à 100 %.
Depuis 2015, 126 millions USD ont été mobilisés pour soutenir les institutions financières partenaires, tandis que la capacité de garantie atteint désormais 204 millions USD, couvrant 4 508 prêts octroyés par 17 établissements. Ce dispositif permet d’abaisser le risque de financement pour les banques et de libérer des volumes de crédit additionnels dans un environnement où le coût de l’argent demeure élevé.
Inclusion élargie et priorités sectorielles
Le volet technique, assuré par le FPM ASBL, a financé 687 projets pour 26,3 millions USD, en partenariat avec 32 institutions financières. Plus de 4 267 cadres ont été formés et certifiés, améliorant la qualité des services bancaires. L’ouverture de 955 361 nouveaux comptes et la formation en finance digitale de 1 655 personnes traduisent une pénétration plus large des outils financiers, jusque dans les zones rurales et post-conflit.
Les résultats révèlent une orientation assumée vers les segments sous-financés : 33 % des bénéficiaires sont des femmes entrepreneures et 21 % des jeunes (18-35 ans). Dans les produits de garantie, ces proportions atteignent respectivement 25 % et 23 %. Cette segmentation cible vise à réduire l’exclusion bancaire et à stimuler la création d’emplois dans les secteurs informels et semi-formels.
Le plan stratégique 2024-2028 s’appuie sur quatre axes : agriculture, énergie durable, digitalisation et entrepreneuriat des jeunes. Objectif affiché : contribuer à porter le taux national d’inclusion financière à 65 % d’ici 2028. Ce cap s’accompagne d’un renforcement institutionnel, avec l’entrée de nouveaux partenaires comme Enabel et FMO, et la consolidation des appuis existants (AFD, KfW, BIO, Banque mondiale, Fondation VISA).
Le rapport 2024 témoigne ainsi d’une double performance : stabilité financière et élargissement du périmètre d’action, confirmant le FPM comme un levier opérationnel dans la modernisation de l’intermédiation bancaire congolaise.
— Peter MOYI


