À fin septembre 2024, les dépôts bancaires en République Démocratique du Congo (RDC) ont atteint un total de 13 662,06 milliards de dollars américains, marquant une progression mensuelle de 0,24 %, selon les données publiées par la Banque Centrale du Congo (BCC). Cette augmentation est portée principalement par une hausse des dépôts en devises étrangères, témoignant des préférences économiques actuelles des Congolais.
La domination des devises étrangères dans le paysage bancaire
Les dépôts en dollar américain ont augmenté de 0,19 %, tandis que ceux en Franc congolais ont connu une progression plus marquée de 0,64 %. Cependant, les dépôts en devises étrangères représentent toujours 91,1 % du total, mettant en évidence une faible confiance des épargnants dans la monnaie nationale face à une instabilité économique persistante.
Cette forte préférence pour les devises étrangères reflète les craintes liées à l’inflation et aux fluctuations du taux de change, contraignant les ménages et entreprises à privilégier le dollar pour préserver la valeur de leur épargne.
Répartition sectorielle des dépôts
L’analyse de la composition des dépôts met en lumière le rôle dominant des entreprises privées, qui représentent 33,6 % des dépôts totaux. Les ménages suivent avec 26,7 %, tandis que les entreprises publiques et les PME contribuent respectivement à 11,7 % et 9 %.
Cette structure illustre la croissance de l’activité des PME dans l’économie congolaise, malgré les défis liés à l’accès au financement. La contribution significative des ménages indique également une participation croissante des particuliers au secteur bancaire, bien que celle-ci reste limitée par les fluctuations économiques.
Progression des crédits : un indicateur de dynamisme économique
En parallèle, les crédits bancaires ont enregistré une hausse de 0,41 % en septembre, atteignant 8 493,86 milliards de dollars. Cette progression est principalement portée par les prêts octroyés aux entreprises privées et aux ménages, reflétant une demande soutenue en financement pour les activités économiques et la consommation.
Les crédits en dollar américain ont augmenté de 0,09 %, tandis que ceux en Franc congolais ont progressé de 3,1 %. Cette tendance vers une utilisation accrue de la monnaie nationale est encourageante, bien qu’encore fragile dans un contexte de volatilité économique.
Défis persistants et opportunités pour le secteur bancaire
Bien que ces performances reflètent un certain dynamisme dans le secteur bancaire, des défis majeurs subsistent. L’inflation continue de réduire le pouvoir d’achat des ménages, affectant leur capacité à épargner et à rembourser leurs crédits.
Les autorités doivent également rester attentives aux tensions monétaires pour éviter une dégradation de la situation. Des politiques monétaires efficaces seront nécessaires pour stabiliser le Franc congolais et restaurer la confiance dans la monnaie nationale.
Vers une stabilisation économique durable
Pour consolider ces progrès, le Gouvernement est invité à renforcer ses efforts en matière de développement économique. Cela passe par :
- Investir dans les infrastructures essentielles pour soutenir l’activité économique.
- Promouvoir le développement des PME afin de diversifier la base économique.
- Stabiliser le cadre macroéconomique, avec un accent particulier sur la maîtrise de l’inflation.
Avec des banques qui semblent mieux positionnées pour répondre aux besoins financiers des clients, la RDC dispose d’une opportunité de renforcer la croissance économique et de bâtir un secteur financier plus inclusif.
M. KOSI



