Le Gouvernement congolais affirme avoir mobilisé 50 millions USD pour renforcer la riposte contre l’épidémie d’Ebola. En mission à Bunia, la Première ministre Judith Suminwa a évalué les opérations dans une Ituri qui concentrait près de 90 % des cas confirmés au 15 juillet 2026.
La Première ministre Judith Suminwa Tuluka s’est rendue jeudi 23 juillet 2026 à Bunia pour évaluer la riposte contre l’épidémie d’Ebola, soutenir les populations affectées et examiner les difficultés rencontrées par les équipes sanitaires. Elle a rappelé que l’État congolais avait déjà débloqué 50 millions USD pour financer les interventions sur l’ensemble du territoire national.
Cette mission intervient alors que l’épidémie causée par le virus Bundibugyo continue de progresser dans plusieurs provinces de l’Est. Le dernier bilan consolidé publié par l’Organisation mondiale de la Santé faisait état de 2 124 cas confirmés et 828 décès en RDC au 15 juillet 2026, soit un taux de létalité de 39 %. Au moins 390 patients avaient été déclarés guéris.
La communication accompagnant la visite gouvernementale évoque près de 2 500 cas enregistrés en environ 70 jours. Ce chiffre, plus récent, devra être rapproché du prochain bulletin épidémiologique détaillé. Le bilan de l’OMS reste la dernière donnée consolidée permettant de distinguer les cas confirmés, les décès et les guérisons.
À son arrivée à Bunia, Judith Suminwa a réuni le Comité provincial de sécurité, le Centre des opérations d’urgence de santé publique et les partenaires impliqués dans la riposte. Sa délégation comprenait notamment la ministre d’État chargée des Affaires sociales, Ève Bazaiba, ainsi que des représentants des Nations unies, de l’OMS, de l’UNICEF et d’Africa CDC.
L’Ituri concentre près de 90 % des cas confirmés
L’Ituri demeure la province la plus touchée. Au 15 juillet, elle comptait 1 904 des 2 124 cas confirmés en RDC, soit 89,6 % du total national. Elle enregistrait également 692 des 828 décès recensés, ce qui correspond à 83,6 % des décès confirmés dans le pays.
Les zones de santé de Bunia, Rwampara et Mongwalu figuraient parmi les principaux foyers. L’OMS y recensait respectivement 570, 418 et 347 cas confirmés. La poursuite de la mission de la Première ministre dans ces localités doit permettre d’examiner la prise en charge des patients, le dépistage, le suivi des contacts et les dispositifs d’enterrement digne et sécurisé.
La riposte reste compliquée par l’insécurité, les déplacements de populations, les activités minières et les difficultés d’accès à certaines zones. Ces mouvements augmentent les risques de transmission et rendent plus difficile le suivi des personnes ayant été en contact avec des malades.
Au 15 juillet, 12 693 contacts avaient été identifiés dans les provinces touchées. En Ituri, 10 183 personnes étaient inscrites dans le dispositif de suivi, mais le taux de contrôle effectif atteignait 78,1 %. L’écart montre qu’une partie des contacts échappait encore à la surveillance quotidienne nécessaire pendant la période d’incubation.
L’épidémie touche également les professionnels de santé. L’OMS avait enregistré 119 contaminations parmi le personnel soignant, dont 36 décès. Ces chiffres traduisent des insuffisances persistantes dans la prévention des infections, la disponibilité des équipements de protection et l’application des protocoles dans certaines structures sanitaires.
Les 50 millions USD doivent produire des résultats mesurables
L’enveloppe annoncée doit notamment soutenir le dépistage, la prise en charge des malades, la surveillance épidémiologique, la sensibilisation des communautés et l’approvisionnement des équipes en médicaments et équipements de protection.
À Kisangani, première étape de sa mission, Judith Suminwa avait également demandé l’accélération de l’ouverture d’un laboratoire provincial afin de réduire la dépendance envers l’Institut national de recherche biomédicale de Kinshasa pour l’analyse des échantillons. Elle avait insisté sur la formation des relais communautaires chargés d’identifier rapidement les cas suspects.
Cette capacité de détection est particulièrement importante pour le virus Bundibugyo. Contrairement à d’autres formes d’Ebola, aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’est encore disponible contre cette souche. La riposte repose donc principalement sur la détection précoce, l’isolement, les soins de soutien, le suivi des contacts, la prévention des infections et l’adhésion des communautés.
Le décaissement de 50 millions USD représente un engagement financier de l’État, mais l’efficacité de la dépense devra être appréciée à partir de résultats concrets. Les principaux indicateurs seront l’évolution des nouveaux cas, la baisse du nombre de décès, le pourcentage de contacts effectivement suivis, la protection du personnel médical et la capacité des équipes à intervenir dans les zones affectées par l’insécurité.
La mission gouvernementale doit se poursuivre à Rwampara et Mongwalu. Les prochains bulletins sanitaires permettront de déterminer si le renforcement annoncé de la coordination et des moyens ralentit effectivement la transmission.
— J. KAKESA








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