spot_imgspot_imgspot_imgspot_img

Félix Tshisekedi impose un assainissement du dispositif frontalier pour renforcer la compétitivité de l’économie congolaise

Partager

Le contrôle des frontières en République démocratique du Congo fait l’objet d’une profonde remise à plat, sur instruction directe du président Félix Antoine Tshisekedi. Face à la multiplication des plaintes provenant aussi bien des milieux d’affaires que des voyageurs, la présidence impose un audit complet du dispositif de surveillance et de contrôle dans les aéroports et postes frontaliers du pays. Objectif : éliminer les pratiques illicites qui pénalisent le commerce extérieur et l’image de la RDC.

La Banque centrale du Congo estime à plus de 3,2 milliards de dollars les flux annuels de biens transitant officiellement par les frontières du pays. Or, la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) relève que les surcoûts liés à des contrôles non officiels et à la bureaucratie représentent en moyenne 9 % du coût total des importations et exportations. Ces pratiques ralentissent la chaîne logistique, créant des pertes de temps qui, selon la FEC, amputent les entreprises importatrices de plusieurs journées de travail chaque mois. Le secteur privé, qui contribue pour près de 21 % au PIB via le commerce transfrontalier, s’inquiète d’un climat d’incertitude alors que la RDC cherche à capter davantage d’investissements directs étrangers. La Banque mondiale, dans son dernier rapport, attribue à la RDC une note défavorable sur l’indicateur « Trading Across Borders », conséquence directe de la persistance de contrôles multiples et parfois arbitraires.

L’instruction présidentielle vise un nettoyage méthodique du dispositif en place : seuls les services légalement mandatés et strictement nécessaires pourront désormais opérer aux frontières. Les services jugés redondants ou opérant sans fondement juridique devront être écartés. Pour le président Tshisekedi, ces excès minent les efforts de réforme et freinent la compétitivité nationale. À ce titre, le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, épaulé par les ministères de la Défense, des Transports, de la Santé, du Commerce extérieur et les directions de l’ANR et de la DGM, disposent de quinze jours pour remettre un rapport complet, accompagné de recommandations techniques.

La priorité reste la sécurisation du territoire dans un contexte régional volatil, tout en garantissant la fluidité des échanges commerciaux. La rationalisation des effectifs aux frontières et la simplification des procédures sont présentées comme des leviers immédiats pour accroître l’efficacité du commerce extérieur. D’après des estimations de l’Observatoire de la vie économique congolaise, une réduction de 30 % des contrôles informels pourrait augmenter de près de 22 % le volume des échanges, soit un gain potentiel de plusieurs centaines de millions de dollars par an.

L’enjeu technique de cette réforme est de restaurer la confiance des investisseurs et partenaires internationaux. Les opérateurs attendent des avancées rapides sur la transparence et la sécurité, deux paramètres décisifs pour l’attractivité de la RDC sur le marché régional et mondial. Un climat assaini permettrait de dynamiser le secteur privé, avec un impact direct sur la croissance, le volume des transactions et la création d’emplois.

— M. MASAMUNA

En savoir +

A la Une