Les accords stratégiques en discussion entre la République démocratique du Congo et les États-Unis continuent d’alimenter le débat au sein du secteur privé congolais. Lors du Makutano Talk organisé le 4 juin 2026 à Kinshasa, plusieurs dirigeants d’entreprises et responsables institutionnels ont échangé sur les conditions nécessaires pour transformer ces partenariats en opportunités économiques concrètes pour les entreprises nationales.
Parmi les intervenants figurait Yannick Mbiya Ngandu, Directeur général de Trust Merchant Bank (TMB), qui a insisté sur la nécessité pour la RDC d’aller au-delà de son rôle traditionnel de fournisseur de matières premières stratégiques.
Selon lui, les futurs partenariats économiques devront contribuer à accélérer la transformation locale des ressources naturelles, le développement industriel et l’intégration des entreprises congolaises dans les chaînes de valeur à plus forte valeur ajoutée.
« Pour que ces partenariats produisent un impact réel, la RDC doit éviter de rester uniquement un fournisseur de ressources stratégiques. Elle doit renforcer la transformation locale, la montée en gamme industrielle et la participation du capital congolais dans les chaînes de valeur », a-t-il déclaré.
Cette réflexion intervient alors que les discussions entre Kinshasa et Washington portent notamment sur les minerais stratégiques, les infrastructures, l’énergie et les investissements industriels. Pour de nombreux opérateurs économiques, l’enjeu consiste à faire en sorte que les retombées économiques de ces accords profitent davantage aux entreprises congolaises et à l’économie nationale.
Au cours des échanges, le Directeur général de la TMB a également souligné que la réussite de ces partenariats dépendra largement de la capacité des institutions publiques à assurer leur mise en œuvre.
Il estime qu’un cadre d’exécution efficace, une coordination renforcée entre les administrations concernées et une meilleure visibilité des projets sont indispensables pour rassurer les investisseurs et encourager l’engagement du secteur privé.
Dans cette perspective, il a plaidé pour l’élaboration d’une feuille de route publique détaillant les secteurs prioritaires, les opportunités d’investissement disponibles ainsi que les mécanismes d’accès pour les entreprises congolaises.
Selon lui, une telle démarche permettrait de mobiliser plus efficacement les investisseurs nationaux et internationaux tout en améliorant la prévisibilité des projets.
Pour Trust Merchant Bank, l’enjeu est également bancaire. Les grands projets d’investissement nécessitent des mécanismes de financement adaptés, capables d’accompagner aussi bien les grandes entreprises que les PME appelées à intégrer les chaînes de sous-traitance et de services.
« Notre rôle est d’accompagner les entreprises, de structurer les financements, de soutenir les PME et de contribuer à transformer les grandes ambitions économiques en projets bancables, concrets et utiles à l’économie réelle », a souligné Yannick Mbiya Ngandu.
Cette position rejoint les préoccupations exprimées par plusieurs acteurs du secteur financier lors du forum, notamment sur la nécessité de renforcer l’implication des banques locales dans le financement des investissements stratégiques afin de maximiser les retombées économiques des futurs accords.
À mesure que les discussions se poursuivent autour du partenariat RDC–États-Unis, la question de la transformation locale, de l’industrialisation et de la participation du capital congolais apparaît comme l’un des principaux défis pour garantir que ces investissements contribuent durablement à la création de valeur et d’emplois dans le pays.
Par Peter MOYI





