Une pénurie de carburant perturbe depuis plusieurs jours l’approvisionnement de la ville de Kananga, provoquant une forte hausse des prix de l’essence et un renchérissement du coût des transports. Le litre d’essence se négocie désormais entre 5 500 et 6 500 francs congolais, contre 3 200 à 4 000 francs il y a seulement une semaine, selon les prix observés chez les revendeurs et dans certaines stations-service.
Cette flambée affecte directement le pouvoir d’achat des ménages. Les conducteurs de motos-taxis, confrontés à l’augmentation du coût du carburant, ont revu leurs tarifs à la hausse pour maintenir leur activité. Sur plusieurs axes de la ville, le prix du transport a doublé. Le trajet reliant Bena Mukangala au rond-point Notre-Dame, facturé auparavant 500 francs congolais, coûte désormais 1 000 francs, une augmentation qui réduit la mobilité de nombreux habitants.
Les revendeurs, communément appelés « Kadhafi », expliquent cette situation par les difficultés d’approvisionnement observées à la frontière entre la RDC et l’Angola, principal point d’achat du carburant destiné au marché local. Selon plusieurs commerçants, les volumes disponibles ont fortement diminué et les prix pratiqués côté angolais ont également augmenté, ce qui se répercute sur le marché de Kananga.
Au-delà de la hausse des prix à la pompe, cette pénurie risque d’avoir des répercussions sur l’ensemble de l’économie locale. Dans une ville où une grande partie des déplacements de personnes et de marchandises dépend des motos et des véhicules fonctionnant à l’essence, l’augmentation des coûts de transport peut rapidement entraîner une hausse des prix des produits alimentaires, des biens de consommation et des services. Les petits commerçants, les travailleurs indépendants et les ménages figurent parmi les premiers touchés par cette situation.
Cette nouvelle tension sur le marché des carburants rappelle également la forte dépendance de plusieurs provinces congolaises aux circuits d’approvisionnement transfrontaliers. Toute perturbation de ces flux, qu’elle soit liée à une baisse de l’offre, à une hausse des prix ou à des difficultés logistiques, se répercute rapidement sur les économies locales, faute de capacités suffisantes de stockage et de distribution à l’intérieur du pays.
— M. KOSI









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