La République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation locale de ses ressources minières. Le gouvernement a conclu un partenariat avec l’entreprise suisse ADEX Platform AG afin de moderniser la filière diamantifère, de lutter contre les circuits informels et de développer une industrie locale de taille et de fabrication de bijoux.
L’accord a été signé par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, et le Fonds Minier pour les Générations Futures (FOMIN). Il prévoit la création d’une coentreprise, ADEX RDC S.A., détenue à parts égales par le FOMIN et ADEX Platform AG.
L’objectif est de réduire la dépendance du pays aux exportations de diamants bruts en développant davantage de valeur ajoutée sur le territoire national. Le projet comprend notamment la construction d’un centre de taille et de polissage de diamants répondant aux standards internationaux ainsi que d’une unité de fabrication de bijoux. Une plateforme numérique sécurisée sera également mise en place afin de mettre directement en relation les producteurs congolais avec les acheteurs internationaux.
Au-delà des infrastructures, le partenariat prévoit des programmes de transfert de technologies et de formation destinés à renforcer les compétences des professionnels congolais du secteur.
Miser sur la transformation locale pour accroître les revenus
À travers cette initiative, les autorités congolaises cherchent à répondre à plusieurs défis structurels qui freinent depuis des décennies le développement de la filière diamant.
Le gouvernement veut notamment réduire la contrebande, améliorer la traçabilité des pierres précieuses et répondre aux exigences des marchés internationaux, de plus en plus attentifs à l’origine des minerais.
Cette stratégie vise également à conserver une plus grande partie de la valeur créée par le diamant en RDC. Jusqu’à présent, une grande partie des opérations de taille, de polissage et de commercialisation est réalisée à l’étranger, privant le pays d’emplois qualifiés, de recettes fiscales et d’investissements industriels. Cette orientation s’inscrit dans la même logique que les politiques récemment engagées autour de la transformation locale du cobalt et d’autres minerais stratégiques.
Une filière confrontée à un recul de la production
La RDC demeure l’un des principaux producteurs mondiaux de diamants. Elle figure parmi les cinq premiers producteurs au monde et occupe le deuxième rang en Afrique.
Cependant, le secteur connaît un net ralentissement. La production officielle est passée d’environ 13 millions de carats en 2021 à 8,1 millions de carats, traduisant les difficultés auxquelles fait face l’industrie.
Aujourd’hui, près de 85 % de la production nationale provient de l’exploitation artisanale. En facilitant l’accès direct des exploitants artisanaux aux marchés internationaux grâce à une plateforme numérique, le partenariat avec ADEX ambitionne d’améliorer la transparence des transactions, d’assurer une rémunération plus équitable des producteurs et de renforcer l’intégration des artisans congolais dans les chaînes de valeur mondiales.
Si le projet atteint ses objectifs, il pourrait contribuer à repositionner progressivement la RDC comme un acteur non seulement de l’extraction, mais aussi de la transformation et de la commercialisation des diamants sur le continent.
— Peter MOYI








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