Le Gouvernement congolais veut redonner au Sud-Ubangi une place plus forte dans la production agricole nationale. Les activités du Programme de relance agricole dans le Sud-Ubangi, PRASUB, ont été officiellement lancées par le ministère de l’Économie nationale, à travers le Fonds de régulation économique, FOREC, selon un communiqué consulté par l’Agence congolaise de presse.
Doté d’un financement d’environ 7,76 millions USD, ce programme vise à renforcer la production locale, réduire les importations alimentaires et soutenir le développement économique des zones rurales. Il cible notamment les filières du maïs et du soja, deux cultures capables d’alimenter les marchés locaux, de soutenir l’élevage et de créer des revenus pour les ménages agricoles.
Le PRASUB intervient dans une province à fort potentiel agricole, mais encore freinée par l’enclavement, le manque d’infrastructures de stockage, la faible transformation locale et l’accès limité aux intrants de qualité. Pour le Gouvernement, l’enjeu est donc pratique : aider les producteurs à mieux cultiver, mieux transporter, mieux conserver et mieux vendre.
2 000 producteurs et 290 km de routes ciblés
Le programme prévoit l’encadrement de 2 000 petits producteurs agricoles, la structuration de 80 organisations paysannes et la création de 20 associations villageoises d’épargne et de crédit. Cette approche doit permettre aux agriculteurs de travailler dans un cadre plus organisé, avec un meilleur accès à l’accompagnement technique et à des mécanismes locaux d’épargne.
Le PRASUB prévoit aussi la réhabilitation de 290 kilomètres de routes de desserte agricole. C’est l’un des volets les plus attendus, car une production agricole ne vaut réellement que si elle peut atteindre les marchés. Sans routes praticables, les récoltes se perdent, les coûts de transport augmentent et les producteurs vendent souvent à perte.
À cela s’ajoutent l’acquisition de cinq camions, la construction de deux silos, l’installation d’une unité de transformation du soja, ainsi que la distribution d’intrants agricoles certifiés. Ces équipements peuvent améliorer la chaîne agricole dans son ensemble : production, collecte, stockage, transformation et commercialisation.
Le coordonnateur du programme, Eduard Sangi, a présenté ces actions comme les principales composantes du PRASUB. De son côté, le CDI-Bwamanda, appelé à jouer un rôle dans la mise en œuvre, a réaffirmé son engagement pour une gestion efficace et transparente du programme. (ACP)
Le FOREC engage un test agricole important
Le secrétaire exécutif du FOREC, Jean-Paul Nemoyato, a précisé que le financement sera réparti entre les investissements structurants et les activités opérationnelles. Les investissements concernent notamment les camions, les silos et l’unité de transformation du soja. Les activités opérationnelles couvrent la distribution des intrants, l’encadrement des producteurs et la réhabilitation des routes agricoles.
Ce montage montre que le PRASUB ne se limite pas à une distribution d’appuis aux agriculteurs. Il tente de corriger plusieurs blocages en même temps. D’abord la production, avec les intrants et l’encadrement. Ensuite la mobilité, avec les routes et les camions. Puis la conservation et la valeur ajoutée, avec les silos et la transformation du soja.
Le FOREC annonce aussi un suivi permanent afin de garantir une gestion rigoureuse des ressources publiques. Ce point sera déterminant. Dans le secteur agricole, beaucoup de programmes échouent moins par manque d’objectifs que par faiblesse dans l’exécution, le suivi et la maintenance des équipements.
Pour le Sud-Ubangi, le PRASUB peut produire des effets visibles si les routes sont réellement réhabilitées, si les intrants arrivent à temps et si l’unité de transformation fonctionne au service des producteurs. C’est à ce niveau que se mesurera l’impact du financement de 7,76 millions USD.
La relance agricole ne se décrète pas. Elle se construit par des pistes praticables, des semences fiables, des organisations paysannes solides, des lieux de stockage et des débouchés commerciaux. Le PRASUB devra donc prouver, sur le terrain, que l’agriculture peut redevenir une source de revenus, d’emplois et de sécurité alimentaire pour le Sud-Ubangi.
— Peter MOYI









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