Recensement en RDC, 83 % du budget mobilisé mais les décaissements restent à distinguer

Le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat nécessite 192 millions USD. L’UNFPA affirme que 83 % de ce financement ont été mobilisés, soit environ 159,4 millions USD. Ce taux regroupe toutefois des annonces et des engagements dont la disponibilité effective devra être suivie pendant l’exécution du programme.

La Rédaction

Le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat nécessite 192 millions USD. L’UNFPA affirme que 83 % de ce financement ont été mobilisés, soit environ 159,4 millions USD. Ce taux regroupe toutefois des annonces et des engagements dont la disponibilité effective devra être suivie pendant l’exécution du programme.

La République démocratique du Congo aurait couvert 83 % des besoins financiers de son deuxième Recensement général de la population et de l’habitat. Appliqué au budget global de 192 millions USD, ce taux représente 159,36 millions USD. Le financement restant à réunir atteindrait ainsi environ 32,64 millions USD, selon les calculs de Lepoint.cd fondés sur les chiffres publiés par le Fonds des Nations unies pour la population.

L’annonce remonte à la table ronde organisée le 23 mars 2026 à Kinshasa avec le gouvernement, les institutions financières internationales et les partenaires techniques. L’UNFPA présente ce résultat comme une mobilisation de ressources, tout en évoquant des annonces de financements formulées par les partenaires.

Cette formulation ne signifie pas nécessairement que la totalité des 159,4 millions USD se trouve déjà dans les comptes consacrés au recensement. Dans le financement des programmes publics, une somme mobilisée peut couvrir des crédits budgétaires, des promesses, des accords en préparation, des contributions affectées ou des fonds effectivement transférés.

Le communiqué de l’UNFPA identifie clairement une contribution nationale de 30 millions USD allouée par le gouvernement congolais. Il ne présente toutefois pas, pour les 83 %, un tableau consolidé distinguant les montants promis, approuvés, contractualisés et déjà décaissés par chaque partenaire.

Le décaissement déterminera le rythme des opérations

La distinction entre engagement et décaissement est déterminante pour un programme qui doit financer la cartographie censitaire, le recrutement, la formation et la rémunération du personnel, l’achat des équipements numériques, le transport des équipes ainsi que le traitement des données.

Le calendrier opérationnel prévoit le déploiement de plus de 200 000 agents dans les 145 territoires du pays. La collecte devrait s’appuyer sur 150 000 tablettes connectées à des serveurs chargés de compiler, sécuriser et contrôler les informations transmises depuis le terrain. Le dénombrement général est programmé pour juillet 2027, tandis que la cartographie censitaire doit être achevée à la fin de décembre 2026.

La concrétisation du taux de 83 % devra donc être observée à travers les fonds effectivement mis à la disposition des structures chargées de l’opération, notamment l’Institut national de la statistique et le Bureau central du recensement.

Un retard dans les décaissements pourrait affecter le recrutement des agents, la production des tablettes, la couverture des frais logistiques et le respect des différentes étapes. À l’inverse, la disponibilité progressive des ressources permettrait de maintenir le calendrier et d’éviter que certaines phases soient engagées sans financement suffisant.

Le recensement doit fournir des données actualisées sur le nombre d’habitants, leur répartition territoriale, les conditions de logement, l’emploi et les mouvements de population. La dernière opération nationale remonte à 1984, lorsque la RDC comptait environ 30 millions d’habitants. Les estimations utilisées actuellement situent la population au-dessus de 112 millions, sans qu’un nouveau dénombrement exhaustif ait encore confirmé ce niveau.

L’imagerie satellitaire comme solution pour les zones inaccessibles

Le financement n’est pas la seule difficulté. L’insécurité empêche les équipes de se rendre directement dans certaines parties du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Le gouvernement et l’Institut national de la statistique envisagent une méthode hybride lorsque le recensement classique de ménage à ménage ne peut pas être réalisé.

Cette option combinerait plusieurs sources d’information avec l’imagerie satellitaire afin d’estimer la population présente dans les zones inaccessibles. Un expert de l’INS a indiqué que des techniques similaires avaient déjà été utilisées dans des pays confrontés à des conflits, notamment en Afghanistan et en Irak. Le dénombrement direct reste cependant présenté comme la méthode prioritaire partout où les conditions de sécurité le permettent.

L’imagerie satellitaire peut aider à identifier les habitations, les agglomérations et l’évolution de l’occupation des territoires. Elle ne remplace pas entièrement les informations recueillies auprès des ménages sur l’âge, le sexe, l’emploi, les migrations, la scolarisation ou les conditions de vie. La méthode hybride devra donc préciser comment les estimations produites seront rapprochées des données administratives et des enquêtes disponibles.

La réussite du RGPH2 dépendra ainsi de deux conditions. La première concerne la conversion des engagements financiers en ressources effectivement utilisables. La seconde porte sur la capacité à couvrir les territoires affectés par l’insécurité sans affaiblir la qualité et la comparabilité des résultats.

Le taux de 83 % constitue une indication favorable pour le financement du programme. Son impact réel se mesurera dans les décaissements, le déroulement de la cartographie, le déploiement des agents et la capacité du recensement à intégrer les populations vivant dans les zones difficiles d’accès.

— M. MASAMUNA

Conversation

Votre avis compte

Commenter

Une precision, un chiffre a corriger, une experience terrain ou une question utile ? Votre commentaire peut enrichir le debat economique.

Laisser un commentaire

Agenda
31Août

Agriculture

Africa Food Systems Forum 2026

Date31 Août 2026 - 4 Sep 2026
LieuKigali, Rwanda

Sommet continental consacre aux systemes agroalimentaires, a l investissement agricole, aux emplois et a la resilience.

7Oct

Mines

DRC-Africa Battery Metals Forum 2026

Date7 Oct 2026 - 9 Oct 2026
LieuKolwezi, RDC

Forum dedie aux metaux de batterie, au cobalt, au cuivre, aux chaines de valeur locales et aux opportunites industrielles en RDC.

12Oct

Energie

African Energy Week 2026

Date12 Oct 2026 - 16 Oct 2026
LieuCape Town, Afrique du Sud

African Energy Week is the African Energy Chamber’s flagship annual conference, exhibition and networking platform, bringing together African energy leaders, policymakers, project developers, financiers and international investors to…

14Oct

Mines

African Mining Week 2026

Date14 Oct 2026 - 16 Oct 2026
LieuCape Town, Afrique du Sud

African Mining Week (AMW) is the ultimate platform to explore the continent’s rich mining opportunities

25Oct

Economie & finances

World Investment Forum 2026

Date25 Oct 2026 - 27 Oct 2026
LieuDoha, Qatar

Forum mondial de l investissement organise autour des politiques, capitaux et entreprises pour l investissement durable.

26Nov

Infrastructure

Africa Infrastructure Forum 2026

Date26 Nov 2026 - 28 Nov 2026
LieuAbidjan, Cote d Ivoire

Forum africain sur le financement des infrastructures, routes, energie, eau, transport, telecoms, logement et immobilier.

8Fév

Mines

Mining Indaba

Date8 Fév 2027 - 11 Fév 2027
LieuCape Town, Afrique du Sud

Investing in African Mining Indaba is the world's largest mining investment conference, dedicated to the capitalisation and development of mining in Africa.

2Mar

Energie

Africa Energy Indaba 2027

Date2 Mar 2027 - 4 Mar 2027
LieuCape Town, Afrique du Sud

Conference africaine sur l energie, les projets, l investissement, les politiques publiques et l acces aux infrastructures energetiques.