L’Agence nationale de promotion des exportations a créé, le 24 juillet 2026 à Kinshasa, une « Task Force Piment » chargée d’organiser les producteurs et les exportateurs congolais en vue d’accéder au marché chinois. Le dispositif devra notamment travailler sur le financement, la transformation, la certification et la conformité des produits.
L’Agence nationale de promotion des exportations a lancé vendredi 24 juillet 2026 à Kinshasa un groupe de travail consacré à l’exportation du piment congolais vers la Chine. Dénommée « Task Force Piment », cette structure doit réunir les acteurs publics et privés concernés afin d’identifier les obstacles à l’accès au marché chinois et de coordonner les réponses nécessaires.
L’initiative a été annoncée par le directeur général de l’Anapex, Mike Tambwe, à l’issue d’un atelier de deux jours consacré à la compétitivité des exportations congolaises. Selon lui, l’existence d’un marché extérieur ne suffit pas à garantir les ventes. Les producteurs, transformateurs, exportateurs et administrations doivent organiser une offre capable de respecter les volumes, les délais et les normes exigés par les acheteurs.
« Nous devons nous mettre ensemble, comprendre les problèmes et voir comment les surmonter », a déclaré Mike Tambwe. La task force devra ainsi servir de cadre permanent pour préparer les opérateurs, structurer la filière et suivre les démarches nécessaires à l’entrée des produits congolais sur le marché chinois.
La certification et le financement parmi les priorités
Les participants à l’atelier ont recommandé la création d’un mécanisme de financement destiné aux exportateurs. Ce dispositif devrait soutenir l’acquisition d’équipements de transformation, de conditionnement et de certification, trois opérations indispensables pour commercialiser des produits agricoles sur des marchés extérieurs.
La compétitivité du piment congolais dépendra en effet de la capacité des opérateurs à fournir un produit répondant aux caractéristiques demandées. Les exigences peuvent porter sur la qualité sanitaire, le taux d’humidité, la présence de résidus, la traçabilité, le calibrage, l’emballage, l’étiquetage ou les conditions de stockage et de transport.
Les participants ont également demandé le renforcement des laboratoires nationaux chargés du contrôle de la qualité. Des capacités locales insuffisantes peuvent allonger les procédures, augmenter le coût des analyses et compliquer l’obtention des certificats nécessaires avant l’expédition.
La formation des producteurs et des exportateurs aux outils numériques fait aussi partie des recommandations. L’Anapex cite notamment Access2Markets, le système des exportateurs enregistrés REX et les outils de géolocalisation des zones de production.
Access2Markets est un portail de la Commission européenne permettant de consulter les droits de douane, les règles d’origine et les conditions d’accès au marché de l’Union européenne. Le système REX permet, quant à lui, à un exportateur enregistré de certifier l’origine de ses marchandises dans le cadre de certains régimes commerciaux préférentiels. Ces deux dispositifs concernent principalement l’accès au marché européen et doivent être distingués des procédures chinoises.
L’accès au marché chinois dépendra des normes de la GACC
Pour exporter des denrées alimentaires vers la Chine, les entreprises étrangères doivent se conformer aux règles de la General Administration of Customs of China, la GACC. La réglementation entrée en vigueur le 1er juin 2026 impose l’enregistrement des entreprises étrangères qui produisent, transforment ou stockent des aliments destinés au marché chinois.
La procédure d’enregistrement varie selon le niveau de risque associé au produit. Elle peut nécessiter des documents d’identification, des engagements de conformité, des informations sur les installations et, pour certaines catégories, une recommandation de l’autorité compétente du pays exportateur. La GACC peut examiner les dossiers, organiser des inspections à distance ou effectuer des contrôles sur les sites de production.
La « Task Force Piment » ne constitue donc pas, à elle seule, une autorisation d’exporter vers la Chine. Son efficacité dépendra de sa capacité à accompagner les producteurs dans l’enregistrement, la traçabilité, le contrôle sanitaire et la constitution de volumes commerciaux réguliers.
Les participants ont aussi proposé d’attirer des investissements étrangers pour moderniser les unités de transformation, développer les chaînes de valeur agricoles et favoriser le transfert de technologies. Ils souhaitent également instaurer un cadre permanent de concertation entre les administrations publiques, le secteur privé, les investisseurs et les partenaires techniques.
Pour l’Anapex, cette organisation doit permettre d’augmenter le nombre d’entreprises congolaises capables d’utiliser les régimes commerciaux disponibles et de respecter les normes européennes et chinoises. L’agence a été créée pour promouvoir les exportations agricoles, agro-industrielles, industrielles et artisanales et pour accompagner leur accès aux marchés extérieurs.
La prochaine étape sera la mise en place opérationnelle de la task force, avec l’identification des producteurs, des zones de culture, des unités de transformation et des entreprises pouvant engager les procédures de conformité exigées par la Chine.
— M. KOSI








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