À Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru, la hausse du carburant se répercute directement sur les prestations agricoles. Le labour mécanisé d’un quart d’hectare est passé de 25 à 30 USD, tandis qu’une course destinée à évacuer le maïs coûte désormais 50 USD, contre 40 USD auparavant.
Les producteurs agricoles de Kiwanja abordent la nouvelle saison culturale avec une hausse de leurs principales charges. Les propriétaires de tracteurs et les transporteurs ont relevé leurs tarifs pour compenser l’augmentation du coût du carburant utilisé pendant le labour et l’évacuation des récoltes.
Un prestataire interrogé localement indique que 20 litres de carburant, achetés autour de 27 USD lors des saisons précédentes, coûtent désormais environ 90 000 CDF, soit près de 40 USD. La progression atteint ainsi environ 48 % pour la même quantité de carburant.
Cette hausse se transmet aux agriculteurs. Le labour mécanisé d’un quart d’hectare est facturé 30 USD, contre 25 USD auparavant, soit une augmentation de 20 %. Pour une superficie d’un hectare, l’équivalent tarifaire passerait de 100 à 120 USD, à condition que le même prix soit appliqué uniformément aux quatre quarts d’hectare.
Le transport du maïs connaît une progression encore plus forte. Une course auparavant facturée 40 USD atteint maintenant 50 USD, soit une hausse de 25 %. Pour un producteur qui paierait un labour d’un quart d’hectare et une seule course d’évacuation, la dépense cumulée passerait ainsi de 65 à 80 USD. Cette comparaison illustre l’évolution des deux prestations, mais ne constitue pas une estimation complète du coût de production agricole.
La hausse réduit la marge des producteurs
Les agriculteurs interrogés estiment que le prix de vente du maïs n’évolue pas au même rythme que les charges. L’un d’eux affirme devoir vendre près d’un sac et demi de maïs pour réunir environ 40 USD. Dans ces conditions, une part croissante des recettes sert à couvrir le labour, le transport et les autres dépenses nécessaires avant la commercialisation.
L’effet économique ne se limite donc pas au prix payé au tracteur ou au transporteur. Lorsque le coût de la mécanisation augmente sans progression comparable du prix des récoltes, la marge disponible pour rémunérer le travail du ménage agricole, acheter les semences ou préparer la campagne suivante diminue.
Les producteurs disposant de peu de liquidités sont les plus exposés. Le labour intervient avant la récolte et exige un paiement alors que les revenus de la nouvelle saison ne sont pas encore disponibles. Une hausse de 5 USD par quart d’hectare peut paraître limitée isolément, mais elle devient plus lourde lorsqu’elle s’ajoute aux semences, à la location des terres, à la main-d’œuvre et au transport.
Plusieurs agriculteurs envisagent ainsi de renoncer aux tracteurs faute de moyens. Cette décision pourrait les conduire à revenir au labour manuel ou à réduire les superficies mises en culture. Les témoignages disponibles expriment cette inquiétude, sans fournir encore de données permettant de mesurer le nombre de producteurs concernés ou la superficie qui pourrait ne pas être exploitée.
Le transport pèse aussi sur l’accès au marché
L’augmentation du prix des courses affecte la dernière étape de la production. Une récolte peut être disponible dans le champ, mais sa valeur dépend de la possibilité de l’acheminer vers un dépôt, un marché ou un acheteur.
Lorsque l’évacuation devient trop coûteuse, le producteur peut être contraint de vendre à proximité du champ, parfois à un prix moins favorable. Il peut également retarder le transport, avec des risques de détérioration ou de pertes pour les produits sensibles aux conditions de stockage.
À Kiwanja, la hausse observée montre ainsi comment un choc sur le carburant se transmet à l’économie agricole locale. Il augmente d’abord les dépenses des prestataires équipés de tracteurs ou de véhicules, puis les tarifs facturés aux cultivateurs et, enfin, le coût nécessaire pour mettre les récoltes sur le marché.
L’ampleur globale reste à documenter à travers le nombre de tracteurs en activité, les superficies labourées, les volumes de maïs transportés et l’évolution des prix payés aux producteurs. Les premiers tarifs disponibles indiquent néanmoins une pression immédiate, avec un labour en hausse de 20 % et une évacuation du maïs renchérie de 25 %.
— J. KAKESA








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