Les régies financières ont mobilisé 3 798,6 milliards de CDF en juillet 2026, soit 73,4 milliards de plus que prévu. Cette avance sur les recettes n’a toutefois pas suffi à préserver l’excédent de trésorerie attendu, les dépenses ayant atteint 3 844,9 milliards de CDF, soit 680 milliards au-dessus de la programmation mensuelle.
Les finances publiques congolaises ont terminé juillet sur une configuration très différente de celle prévue dans le plan de trésorerie. Le Gouvernement tablait sur 3 725,2 milliards de CDF de recettes pour 3 164,9 milliards de dépenses, soit un excédent attendu de 560,3 milliards de CDF. Les données provisoires de la Banque centrale du Congo montrent finalement des recettes supérieures aux objectifs, mais une progression beaucoup plus rapide des décaissements.
Les recettes collectées ont dépassé la programmation de 73,4 milliards de CDF, soit près de 2 %. En revanche, les dépenses ont excédé le niveau prévu de 680 milliards de CDF, soit environ 21,5 %, selon un calcul de Lepoint.cd. L’écart entre recettes des régies et dépenses exécutées ressort ainsi à 46,3 milliards de CDF en défaveur du Trésor, alors que le scénario initial prévoyait un excédent de 560,3 milliards.
Autrement dit, entre la position projetée et le résultat provisoire, la trésorerie présente un écart de 606,6 milliards de CDF, selon un calcul effectué par Lepoint.cd à partir des données de la BCC. La mobilisation fiscale n’est donc pas la principale explication de cette dégradation mensuelle. C’est surtout le dépassement des dépenses programmées qui a modifié l’équilibre attendu.
La DGDA dépasse son objectif de 117,5 milliards CDF
La Direction générale des impôts reste la première source de recettes parmi les trois régies. Elle a collecté 2 499,3 milliards de CDF, contre 2 480,4 milliards prévus, soit 18,9 milliards de plus que l’objectif mensuel. La performance la plus élevée par rapport à la programmation vient toutefois de la Direction générale des douanes et accises. La DGDA a mobilisé 771 milliards de CDF contre 653,5 milliards attendus, ce qui représente un dépassement de 117,5 milliards, soit près de 18 %.
La Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations évolue dans le sens inverse. Ses recettes se sont établies à 528,3 milliards de CDF, contre une prévision de 572,1 milliards, laissant un manque de 43,8 milliards de CDF par rapport à l’objectif. Les bonnes performances de la DGI et surtout de la DGDA ont donc plus que compensé le retard de la DGRAD. Elles expliquent pourquoi les recettes globales ont finalement dépassé les prévisions du mois.
Du côté des dépenses, les rémunérations des agents et fonctionnaires de l’État ont représenté 1 245,9 milliards de CDF, avec un taux d’exécution de 84,6 % par rapport à la programmation correspondante. Elles ont absorbé environ 32 % des dépenses publiques enregistrées au cours du mois, selon un calcul de Lepoint.cd. Les frais financiers se sont, pour leur part, établis à 31,9 milliards de CDF.
Ces chiffres montrent qu’une mobilisation des recettes supérieure aux objectifs ne garantit pas à elle seule l’équilibre mensuel de trésorerie. Pour juillet, chaque franc supplémentaire collecté au-delà des prévisions a été largement dépassé par l’accélération des dépenses.
La prochaine lecture des finances publiques devra ainsi permettre d’identifier les postes ayant généré les 680 milliards de CDF de dépenses supplémentaires par rapport au plan initial et de déterminer si ce dépassement correspond à un rattrapage ponctuel de paiements ou à une pression appelée à se poursuivre sur la trésorerie de l’État.
— M. MASAMUNA









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