Team Europe et la Banque africaine de développement ont présenté à la RDC une proposition de financement d’environ 600 millions USD pour le corridor Zongo–Boyabo–Gemena–Akula. Le projet porte sur près de 395 km de routes et des infrastructures portuaires, mais cette enveloppe reste à finaliser avant de pouvoir être considérée comme un financement effectivement mobilisable.
Le projet de désenclavement du Sud-Ubangi avance sur le terrain financier. Début août 2026, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a échangé avec les partenaires européens et la Banque africaine de développement sur le financement du corridor reliant Zongo, Boyabo, Gemena et Akula. La proposition présentée au Gouvernement est de l’ordre de 600 millions USD. Elle associe l’Union européenne, l’Agence française de développement et la Banque européenne d’investissement dans le cadre de Team Europe, aux côtés de la BAD.
Le montant doit cependant être lu avec prudence. Il s’agit à ce stade d’une proposition financière conjointe, et non de 600 millions USD déjà décaissés ou définitivement engagés. Les informations publiées ne donnent pas encore la répartition des contributions entre les différentes institutions, les conditions financières des prêts ou subventions, ni le calendrier de mobilisation des ressources. Ces paramètres détermineront le montant réellement disponible pour les travaux.
Environ 395 km de routes et un débouché fluvial à Akula
Le périmètre actuellement présenté couvre environ 395 km et comprend notamment les sections Zongo–Boyabo, le contournement de Zongo, Boyabo–Gemena et Gemena–Akula. Le programme prévoit également des infrastructures portuaires à Akula et des équipements connexes destinés à relier plus efficacement le réseau routier aux voies fluviales.
L’AFD inscrit cet axe dans le corridor stratégique Global Gateway n°6. Dans sa présentation de ses activités en RDC, l’agence décrit un projet reliant Bangui, en République centrafricaine, à Zongo, puis Gemena et Akula, avec une possible extension vers Lisala sur le fleuve Congo. Selon le périmètre finalement retenu, l’ensemble étudié pourrait représenter entre 400 et 550 km et combiner routes, ponts, pistes rurales et ports.
Cette configuration donne au projet une fonction qui dépasse la seule réhabilitation routière. Zongo se trouve sur l’Ubangi, face à Bangui, tandis qu’Akula offre une connexion avec le réseau fluvial intérieur. La modernisation de l’axe pourrait donc améliorer la circulation des marchandises entre le Sud-Ubangi, la République centrafricaine et les voies navigables permettant de rejoindre d’autres marchés congolais. Le corridor avait déjà fait l’objet d’anciens programmes routiers, notamment sur les RN6 et RN23.
Les premières études avaient reçu 5 millions d’euros en 2024
Le financement des travaux n’est pas la première intervention européenne sur ce dossier. En juin 2024, la RDC, l’Union européenne et la France avaient signé une lettre d’intention lançant les études de faisabilité. À cette occasion, le Gouvernement congolais avait indiqué que 5 millions d’euros étaient consacrés aux études techniques, à la faisabilité ainsi qu’aux évaluations environnementales et sociales du projet.
À l’époque, les autorités congolaises évoquaient un objectif d’achèvement des travaux de modernisation d’ici 2028, dans le cadre du plan quinquennal du ministère des Infrastructures. Ce calendrier constitue toutefois une référence annoncée en 2024. Les publications consultées en août 2026 ne permettent pas d’établir qu’il a été reconfirmé après l’élargissement du montage financier envisagé.
La proposition de 600 millions USD donne désormais une nouvelle échelle au projet. Rapportée uniquement aux 395 km, elle représenterait environ 1,52 million USD par kilomètre, mais cette comparaison serait incomplète puisque l’enveloppe couvre également des infrastructures portuaires et d’autres aménagements associés au corridor.
Le prochain indicateur sera donc la transformation de cette proposition en accords financiers juridiquement engagés. La répartition des 600 millions USD entre l’Union européenne, l’AFD, la BEI et la BAD, les modalités de financement ainsi que le calendrier de lancement des marchés permettront de déterminer quand le corridor Zongo–Gemena–Akula pourra réellement passer des études préparatoires aux investissements physiques.
— M. MASAMUNA









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