Le projet de viaduc de la baie de Ngaliema prévoit une infrastructure routière de 3,5 kilomètres en 2×2 voies entre l’avenue du Tourisme et le boulevard Tshatshi. Présenté au Gouvernement en avril 2026, l’ouvrage doit créer un nouvel axe vers la Gombe et réduire la pression sur Kintambo-Magasin, Mondjiba et la route de Matadi.
Le projet de viaduc de la baie de Ngaliema revient dans le débat sur le coût économique des embouteillages à Kinshasa. L’opérateur économique Jean Bamanisa estime que cette infrastructure pourrait modifier la circulation dans l’ouest de la capitale en créant une liaison directe entre plusieurs axes aujourd’hui fortement sollicités. Son intérêt ne résiderait donc pas uniquement dans ses 3,5 kilomètres, mais dans la redistribution du trafic entre Ngaliema, Kintambo et la Gombe.
Le tracé officiel présenté par le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, lors du Conseil des ministres du 10 avril 2026, doit partir de l’avenue du Tourisme à hauteur de l’Hôpital de la Rive, passer par le site de Chanic et rejoindre le boulevard Tshatshi près de l’hôtel Pullman. Le viaduc est prévu en 2×2 voies, avec des échangeurs et des rampes d’accès contrôlées. Sa vitesse de référence est estimée entre 60 et 80 km/h.
Un contournement pour trois points de congestion
L’objectif recherché par le Gouvernement est de créer un itinéraire alternatif à plusieurs points de saturation de l’ouest de Kinshasa. Le compte rendu officiel cite notamment Kintambo-Magasin, l’axe Kintambo–boulevard Mondjiba–Socimat et la route de Matadi. L’ouvrage doit également contribuer à la connexion entre les rocades Nord-Ouest et Nord-Est.
Cette configuration donne au projet une fonction plus large qu’un simple raccourci routier. Une partie des véhicules se dirigeant vers la Gombe pourrait contourner les axes actuellement concentrés autour de Kintambo, à condition que les échangeurs, les accès et les routes qui reçoivent le trafic à chaque extrémité disposent eux-mêmes d’une capacité suffisante.
Jean Bamanisa avance une première estimation économique fondée sur une hypothèse de 100 000 déplacements quotidiens et un gain moyen de 30 minutes par déplacement. Sur cette base, le viaduc permettrait d’économiser environ 50 000 heures par jour, soit 15 millions d’heures sur 300 jours d’activité. Ce calcul est arithmétiquement cohérent, mais il s’agit d’un scénario proposé par l’opérateur économique et non d’une prévision officielle issue d’une étude de trafic publiée.
L’intérêt de cette estimation est surtout de déplacer l’évaluation économique du projet au-delà de son coût de construction. Le temps passé dans les embouteillages augmente les dépenses de carburant, immobilise les véhicules et réduit les heures disponibles pour le travail, la livraison des marchandises et les autres activités économiques.
Une étude de trafic devra notamment déterminer combien de véhicules utiliseraient effectivement le viaduc, à quelles heures et depuis quels axes. C’est sur cette base que pourraient être chiffrés les gains de temps et de carburant ainsi que l’effet du projet sur les routes voisines.
Le projet reste à transformer en chantier
Le Conseil des ministres du 10 avril a pris acte de la présentation du viaduc. Le document officiel décrit ses caractéristiques et ses objectifs de mobilité, mais ne correspond pas encore à un lancement des travaux. Le projet doit donc passer de son schéma routier à une opération financée, contractualisée et exécutée.
Cette distinction est importante alors que plusieurs projets routiers sont simultanément engagés ou préparés à Kinshasa. La performance du viaduc dépendra aussi de son intégration aux rocades, aux accès vers la Gombe et aux infrastructures existantes. Un ouvrage rapide qui débouche sur des carrefours saturés pourrait simplement déplacer une partie des files d’attente.
La localisation en bordure du fleuve ajoute également des contraintes techniques liées aux fondations, au drainage, à la stabilité des terrains et à la protection de l’environnement urbain de la baie de Ngaliema. Ces paramètres pèseront sur la conception définitive et sur le coût de l’infrastructure.
Pour Kinshasa, l’indicateur déterminant sera donc moins la longueur annoncée du viaduc que sa capacité à réduire effectivement les temps de parcours sur les axes les plus congestionnés. Les prochaines étapes devront permettre de fixer le coût, le financement, le calendrier de réalisation et surtout les prévisions de trafic qui permettront de mesurer le rendement économique de ces 3,5 kilomètres de nouvelle infrastructure routière.
— M. MASAMUNA









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