Le groupe ferroviaire sud-africain Traxtion déploie un programme de 3,4 milliards de rands, soit environ 210 millions USD, pour renforcer sa flotte avec 46 locomotives et 920 wagons. L’entreprise veut profiter de l’ouverture progressive des réseaux de fret en Afrique australe, notamment en RDC, en Angola et en Zambie.
Le développement des corridors miniers africains attire de nouveaux capitaux privés dans le transport ferroviaire. Traxtion, l’un des principaux opérateurs privés de fret ferroviaire du continent, prévoit d’investir 3,4 milliards de rands, environ 210 millions USD, dans du matériel roulant destiné à accroître ses capacités. Le programme comprend 46 locomotives et 920 wagons, alors que plusieurs pays producteurs de cuivre, cobalt et lithium ouvrent progressivement leurs réseaux à des opérateurs privés.
L’investissement avait été annoncé initialement en décembre 2025. Il entre désormais dans sa phase de déploiement. Le 3 août 2026, Traxtion a confirmé l’arrivée à Durban d’un premier lot de huit locomotives en provenance de Nouvelle-Zélande. Ces unités doivent être remises à niveau en Afrique du Sud avant leur mise en service. L’entreprise a parallèlement sécurisé en juin 86 millions USD de nouveaux fonds propres auprès d’investisseurs institutionnels pour soutenir son programme de développement.
Sur les 3,4 milliards de rands prévus, environ 1,8 milliard de rands doit financer les locomotives et 1,6 milliard les wagons. Traxtion prévoit également au moins 60 % de contenu local dans le programme et estime que plusieurs centaines d’emplois directs pourront être générés pendant la fabrication, la modernisation, le déploiement et l’exploitation du matériel.
La RDC apparaît dans la stratégie d’expansion régionale
Le programme est d’abord conçu pour renforcer les capacités de Traxtion en Afrique du Sud, où l’ouverture du réseau public à des opérateurs privés s’accélère. Mais James Holley, directeur général du groupe, indique que cette évolution dépasse désormais le marché sud-africain. L’Angola, la RDC, la Zambie, le Mozambique et le Zimbabwe adoptent eux aussi des concessions ou des mécanismes d’accès permettant une participation accrue du secteur privé au fret ferroviaire.
Traxtion affirme déjà opérer dans dix pays africains et disposer de plus de 50 locomotives engagées dans des contrats de long terme. L’entreprise cite notamment la RDC et le réseau TAZARA parmi les marchés où l’ouverture du rail à des tiers a permis une augmentation des volumes transportés.
Pour la RDC, cette évolution intervient au moment où Kinshasa cherche à réhabiliter son réseau ferroviaire minier afin d’améliorer la connexion du Lualaba et du Haut-Katanga aux corridors régionaux.
Le 10 juillet 2026, le Gouvernement a approuvé une proposition de partenariat public-privé avec Mota-Engil pour la réhabilitation de l’axe Dilolo–Kolwezi–Lubumbashi–Sakania. Cette voie traverse les principales zones de production de cuivre et de cobalt et doit permettre une meilleure connexion avec le corridor de Lobito vers l’Atlantique. Les conditions financières et la durée du futur partenariat n’étaient toutefois pas encore fixées lors de cette approbation.
Lobito accélère la demande de capacités ferroviaires
La réhabilitation du réseau congolais intervient alors que les investissements progressent rapidement sur la partie angolaise de Lobito. Le Lobito Atlantic Railway dispose d’une concession de 30 ans sur le chemin de fer reliant le port de Lobito à la frontière congolaise. Le consortium réunit notamment Trafigura, Mota-Engil et Vecturis.
La hausse future du trafic sur ces corridors suppose non seulement la rénovation des voies, mais aussi la disponibilité de locomotives et de wagons capables d’absorber les volumes supplémentaires. C’est précisément ce marché que Traxtion cherche à capter. L’entreprise estime que la multiplication des modèles de concession et d’accès ouvert peut créer un réseau régional dans lequel des opérateurs privés feraient circuler leur propre matériel sur des infrastructures détenues par les États ou exploitées sous concession.
Le groupe souligne cependant que cette intégration reste dépendante de règles compatibles entre pays, de conditions d’accès bancables et d’une meilleure coordination des réseaux nationaux. Sans harmonisation, les frontières, les standards opérationnels et les différences de réglementation peuvent continuer à ralentir le passage du fret d’un réseau à l’autre.
Pour la RDC, les 210 millions USD investis par Traxtion ne constituent donc pas un financement directement affecté au réseau congolais. Ils renforcent toutefois la flotte d’un opérateur qui se positionne sur les marchés ferroviaires africains en cours d’ouverture, dont celui de la RDC. L’effet concret dépendra de l’attribution future de contrats ou de droits d’accès permettant à Traxtion de déployer effectivement ses locomotives et ses wagons sur les corridors desservant les mines congolaises.
— Joldie KAKESA









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