Le cuivre à trois mois a clôturé vendredi à 14 233 USD la tonne au London Metal Exchange, après avoir touché 14 396 USD en début de semaine. Pour la RDC, qui a exporté 3,403 millions de tonnes en 2025, chaque tranche supplémentaire de 100 USD maintenue sur une tonne représente théoriquement environ 340 millions USD de valeur brute sur un volume annuel équivalent. Mais le marché reste volatil et les prix spot ne se transforment pas intégralement en recettes publiques.
Le cuivre reste installé au-dessus de 14 000 USD la tonne. Vendredi 21 août, le contrat de référence à trois mois du LME a progressé de 1,4 % pour clôturer à 14 233 USD, soutenu par l’affaiblissement du dollar et les annonces chinoises de nouvelles mesures budgétaires en faveur de l’économie. Le métal avait atteint 14 396 USD lundi, son plus haut niveau depuis six mois.
Pour la RDC, l’effet d’un cours durablement élevé peut être mesuré sans supposer que tout le cuivre est vendu au prix du jour. Le gouvernement a recensé 3 403 006 tonnes de cuivre exportées en 2025. Sur un volume identique, une variation moyenne de seulement 100 USD par tonne représente environ 340,3 millions USD de valeur brute supplémentaire. Une hausse durable de 500 USD équivaudrait à environ 1,7 milliard USD, et 1 000 USD à près de 3,4 milliards USD, selon des calculs de Lepoint.cd.
Ces montants ne constituent pas des recettes fiscales supplémentaires pour l’État. Ils mesurent uniquement la sensibilité de la valeur des exportations au prix du cuivre. Les producteurs vendent selon des contrats, des périodes de cotation et des qualités différentes, avec des frais de traitement, de transport et de commercialisation qui réduisent la valeur effectivement réalisée.
Le marché physique a montré des signes de tension
La hausse récente ne repose pas uniquement sur les anticipations macroéconomiques. Le marché londonien a connu mi-août une forte tension sur les disponibilités immédiates. Le prix du cuivre au comptant a atteint 14 912 USD la tonne, tandis que les stocks immédiatement disponibles dans les entrepôts du LME étaient tombés à 103 075 tonnes. Trois importants détenteurs de positions acheteuses contrôlaient alors des volumes supérieurs aux stocks disponibles, provoquant une forte pression sur les opérateurs devant livrer du métal.
La situation s’est depuis partiellement détendue. Plus de 38 000 tonnes ont été livrées dans les entrepôts du LME en quelques jours et les stocks enregistrés avaient remonté à 239 925 tonnes jeudi 20 août. La prime du cuivre au comptant sur le contrat à trois mois est également retombée à 55 USD vendredi, après plusieurs centaines de dollars en début de semaine.
Cette distinction est importante. Le pic de 14 912 USD concernait le prix cash pendant la compression du marché physique, tandis que les 14 396 USD correspondent au sommet récent du contrat à trois mois. Les deux chiffres décrivent donc des segments différents du même marché.
Pour Kinshasa, des cours durablement supérieurs à 14 000 USD peuvent soutenir la valeur des exportations, les résultats des sociétés minières et, indirectement, les recettes fiscales et les réserves en devises. Mais l’effet dépendra également des volumes. La RDC a exporté environ 955 000 tonnes de cuivre au premier trimestre 2026, en recul de 14,6 % sur un an selon des données d’expédition relayées par Reuters.
Le véritable scénario favorable pour la RDC serait donc la combinaison de prix élevés et de volumes solides. À l’échelle actuelle du secteur congolais, quelques centaines de dollars supplémentaires par tonne suffisent déjà à déplacer la valeur annuelle des exportations de plusieurs centaines de millions, voire de milliards de dollars.
M. KOSI









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