Le cuivre à trois mois reculait de 0,5 % à 13 981 USD la tonne jeudi 20 août à Londres, après une nouvelle augmentation des stocks du LME. La correction reste toutefois contenue par l’affaiblissement du dollar, provoqué en partie par la décision surprise du Trésor américain de doubler certains rachats d’obligations à long terme.
Le cuivre reste sous pression après les fortes tensions qui ont secoué le London Metal Exchange en début de semaine. À la mi-journée du 20 août, le contrat à trois mois perdait 0,5 % à 13 981 USD la tonne, effaçant le gain de 0,5 % enregistré la veille. Cette nouvelle baisse intervient alors que du métal continue d’entrer dans les entrepôts agréés du LME, réduisant progressivement la pénurie de cuivre immédiatement disponible qui avait provoqué une envolée des primes et des cours quelques jours auparavant.
La reconstitution des stocks est rapide. À la fin de la semaine dernière, les stocks totaux du LME étaient tombés à 207 825 tonnes, dont seulement 103 075 tonnes réellement disponibles. Reuters a recensé ensuite 38 150 tonnes de nouvelles livraisons en trois jours, notamment aux États-Unis et à Hong Kong. Mercredi, les inventaires avaient atteint 235 975 tonnes selon les données de marché, avant une nouvelle progression signalée jeudi. Cette arrivée de cuivre physique permet aux opérateurs ayant vendu du métal à découvert de couvrir plus facilement leurs positions et réduit la pression sur les échéances les plus proches.
La tension physique recule, le dollar amortit la baisse
Le mouvement apparaît clairement dans la structure des prix. Lundi, la prime du cuivre au comptant sur le contrat à trois mois avait atteint 545 USD la tonne, son niveau le plus élevé depuis 2021. Cette situation de backwardation signifie que les acheteurs étaient disposés à payer beaucoup plus cher pour obtenir immédiatement le métal que pour une livraison future. Mercredi, cet écart était revenu à 176 USD la tonne, signe que la contrainte physique se détend même si elle n’a pas totalement disparu.
La correction du cuivre aurait cependant pu être plus importante sans le recul du dollar. Le billet vert a été affecté par l’annonce faite le 19 août par le Trésor américain d’une augmentation de ses opérations de rachat de dette à long terme. Washington va porter d’au moins 2 milliards à 4 milliards USD par opération le plafond de ses rachats sur les obligations de maturité comprise entre 10 et 30 ans, à partir du 9 septembre. Le Trésor présente cette intervention comme un mécanisme destiné à améliorer la liquidité sur les segments longs du marché obligataire.
La réaction des marchés a été immédiate. L’indice du dollar avait perdu 0,84 % à 98,80 mercredi et évoluait encore autour de 98,70 jeudi. Un dollar plus faible tend à soutenir les matières premières libellées dans cette monnaie en diminuant leur coût pour les acheteurs utilisant d’autres devises. Ole Hansen, responsable de la stratégie matières premières chez Saxo Bank, estime ainsi que le mouvement sur la devise américaine a limité la correction du cuivre malgré la remontée des stocks.
Il faut cependant éviter d’assimiler les rachats du Trésor américain à une politique d’assouplissement monétaire de la Réserve fédérale. L’opération vise d’abord à fluidifier un marché obligataire secoué par la hausse des rendements. Elle ne supprime ni le déficit fédéral ni les besoins de financement américains. Reuters relève d’ailleurs que les rendements obligataires à long terme sont repartis à la hausse jeudi après leur détente initiale, signe que les investisseurs restent préoccupés par la trajectoire de la dette américaine.
Pour la RDC, un cuivre toujours proche de 14 000 USD
Pour la République démocratique du Congo, la correction actuelle reste modérée au regard du niveau absolu des cours. À 13 981 USD la tonne, le cuivre demeure proche de 14 000 USD et largement au-dessus des niveaux observés pendant une grande partie de 2025. La RDC a produit 3,485 millions de tonnes de cuivre en 2025 et en a exporté environ 3,403 millions de tonnes, selon les statistiques définitives de la Cellule technique de coordination et de planification minière. Au premier trimestre 2026, les exportations ont encore atteint 823 887 tonnes, en progression annuelle de 4,8 %.
Une variation quotidienne du LME ne se répercute pas mécaniquement sur les recettes de l’État ou sur celles des producteurs congolais, les ventes reposant sur différentes périodes de cotation, contrats et formules commerciales. Une baisse prolongée du prix moyen aurait en revanche davantage de conséquences sur la valeur des exportations, les marges des groupes miniers et certaines recettes fiscales liées au secteur.
Le marché entre ainsi dans une phase où les stocks physiques et le dollar tirent le cuivre dans des directions opposées. Pour la RDC, les prochains indicateurs à surveiller seront la poursuite ou non des livraisons dans les entrepôts du LME, l’évolution de la backwardation et surtout la capacité du cuivre à conserver durablement la zone des 14 000 USD la tonne après les tensions exceptionnelles du mois d’août.
M. MASAMUNA









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