La société américaine Copper Intelligence cherche à lever des capitaux pour développer son portefeuille cuprifère en République démocratique du Congo, rapporte Africa Intelligence. Déjà présente à Butembo, dans le Nord-Kivu, l’entreprise a ajouté en avril le permis Kitungu PR-15880 dans le Haut-Katanga et prépare désormais son argumentaire financier autour de résultats de forage plus avancés et de l’intérêt croissant de Washington pour le cuivre.
L’information constitue une mise à jour du dossier suivi par Lepoint.cd depuis avril. À l’époque, Copper Intelligence préparait encore sa première campagne de forage à Butembo avec un budget initial d’environ 1,5 million USD. Quatre mois plus tard, la société dispose de premiers résultats de forage, a étendu son portefeuille dans le Copperbelt congolais et cherche désormais à financer la poursuite de son développement.
Africa Intelligence rapporte le 26 août que la junior américaine tente de profiter de l’intérêt accru de l’administration américaine pour les matières premières stratégiques afin de lever des fonds et développer plusieurs actifs cuprifères en RDC. Cette stratégie intervient alors que le cuivre figure depuis novembre 2025 sur la liste américaine des minerais critiques, le Département de l’Intérieur considérant son approvisionnement comme important pour l’économie et la sécurité des États-Unis.
La connexion américaine ne repose pas uniquement sur le siège de l’entreprise. Copper Intelligence est négociée sur le marché OTC américain sous le symbole CUAI. Le 27 août, son président Andrew Groves et son président exécutif Alan Kessler étaient également programmés devant des investisseurs lors du Clean Energy & Metals Virtual Investor Conference, avec la possibilité de rencontres individuelles avec des investisseurs institutionnels et particuliers. L’entreprise devait notamment y présenter l’avancement de Butembo.
Butembo passe des indices de surface aux résultats de forage
Le principal changement concerne la qualité des données disponibles à Butembo. En avril, les arguments reposaient essentiellement sur des indices de cuivre observés en surface et sur la préparation des forages. Les résultats publiés le 17 août montrent désormais que les six premiers trous répartis sur le tracé étudié ont tous rencontré une minéralisation cuprifère. La zone testée s’étend sur plus de 300 mètres, selon Copper Intelligence.
Le forage BCDD-006 a notamment recoupé 29,1 mètres à 1,28 % de cuivre à partir d’un mètre de profondeur, dont 3 mètres à 7,86 %. BCDD-007 a rencontré 16 mètres à 1,65 %, avec une section de 0,8 mètre à 13,30 %. Sur les six trous présentés, l’entreprise indique une épaisseur verticale moyenne de 7,6 mètres à une teneur moyenne de 2,4 % de cuivre. D’autres forages doivent vérifier la continuité de cette minéralisation.
Ces résultats restent des données d’exploration. Copper Intelligence n’a pas encore publié pour Butembo une ressource ou une réserve minérale conforme à un standard international permettant d’estimer avec précision le tonnage économiquement exploitable, les coûts de développement ou la valeur d’une future mine. La levée de capitaux devra donc financer une partie du travail nécessaire pour passer d’intersections prometteuses à un actif minier techniquement mieux défini.
Kitungu ajoute un deuxième pari dans le Copperbelt
Copper Intelligence ne dépend plus uniquement de son projet du Nord-Kivu. Le 29 avril, la société a annoncé l’acquisition du permis d’exploration Kitungu PR-15880, couvrant 764,55 hectares à environ 73 kilomètres de Lubumbashi, dans le Haut-Katanga.
Les données historiques transmises à la société comprennent neuf forages antérieurs. Copper Intelligence évoque notamment une intersection combinée de 82 mètres à environ 1,5 % de cuivre et une modélisation conceptuelle d’environ 27 millions de tonnes à 1,54 %. Mais l’entreprise précise elle-même que ces données historiques doivent encore être reprises dans un programme conforme aux standards JORC. Il ne s’agit donc pas encore d’une ressource minérale certifiée.
Un troisième axe se développe parallèlement. En mai, Copper Intelligence et le canadien CoTec Holdings ont signé une feuille de conditions pour créer une coentreprise destinée à examiner le retraitement d’anciens résidus de cuivre en RDC. CoTec précise qu’aucun actif ne sera développé avant des vérifications techniques et juridiques et la signature d’accords contraignants projet par projet.
Le positionnement financier de Copper Intelligence devient ainsi plus large que celui observé au printemps. Butembo apporte désormais des résultats de forage, Kitungu ouvre un accès au Copperbelt du sud et la coopération avec CoTec ajoute les résidus miniers à la stratégie. L’étape suivante ne sera toutefois pas géologique seulement. Elle sera financière. Le montant effectivement levé, les conditions de financement et la part dirigée vers chacun de ces actifs permettront de mesurer jusqu’où l’intérêt américain pour le cuivre congolais peut se traduire en capital d’exploration réellement investi en RDC.
J. KAKESA









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