China Nonferrous Mining Corporation prévoit d’investir 186,37 millions USD dans le développement de la mine de cuivre Msesa, rattachée à Kambove Mining dans le Haut-Katanga. L’étude de faisabilité est achevée, les travaux doivent démarrer en 2027 et la mise en service est visée d’ici fin 2028, alors que le groupe chinois cherche à augmenter fortement la part de cuivre provenant de ses propres mines africaines.
Le montant apparaît dans les résultats semestriels publiés par China Nonferrous Mining Corporation Limited, groupe coté à Hong Kong sous le code 1258. Le projet Msesa représente un investissement total planifié de 186,3699 millions USD. Au premier semestre 2026, CNMC indique avoir déjà engagé 2,8647 millions USD, principalement pour l’étude de faisabilité, des travaux complémentaires d’évaluation des ressources et les opérations foncières.
La phase actuelle reste donc préparatoire. La société prévoit de commencer la construction en 2027 avant une mise en service au plus tard à la fin de 2028. En parallèle, Kambove Mining construit un nouveau parc à résidus d’une capacité préliminaire de 2,6 millions de m³, destiné à servir à la fois l’exploitation principale de Kambove et le futur projet Msesa. Son achèvement est prévu en novembre 2026.
Une présentation destinée aux investisseurs situe la capacité future de Msesa autour de 15 000 tonnes de cuivre par an. Les ressources du gisement devraient dépasser 200 000 tonnes de cuivre contenu, tandis que les opérations d’exhaure ont déjà été achevées. Ces données restent toutefois des objectifs communiqués par le groupe et ne doivent pas être assimilées à une production déjà disponible.
Un projet devenu huit fois plus important qu’en 2025
L’ampleur actuelle du projet est sensiblement supérieure aux premières estimations publiées par CNMC. Dans son rapport semestriel 2025, le groupe parlait encore d’une première phase de développement de Msesa évaluée à 22 millions USD. À fin 2025, son rapport annuel faisait état de 8,46 millions USD d’investissement cumulé et d’une étude de faisabilité toujours en cours.
Le nouveau budget de 186,37 millions USD représente ainsi plus de huit fois l’investissement envisagé pour la première phase un an auparavant. Le changement suggère un périmètre de développement désormais plus large, avec des infrastructures permettant d’intégrer Msesa dans l’ensemble industriel déjà exploité par Kambove Mining.
CNMC détient 55 % de Kambove Mining, qui exploite déjà du cuivre en RDC. Au premier semestre 2026, Kambove Mining a produit 20 608 tonnes de cathodes de cuivre, en hausse de 7,4 % sur un an. Le groupe est également présent dans le pays à travers Huachin Metal Leach, CNMC Huachin Mabende et Lualaba Copper Smelter.
Cette implantation donne à Msesa une portée différente de celle d’un projet isolé. Le groupe dispose déjà en RDC de capacités d’extraction, d’hydrométallurgie et de pyrométallurgie, notamment avec Lualaba Copper Smelter, dont la première phase peut traiter 400 000 tonnes de concentrés par an et produire 120 000 tonnes de cuivre blister.
CNMC veut doubler son cuivre provenant de ses propres mines
Msesa appartient surtout à une stratégie plus large de sécurisation de l’approvisionnement du groupe. CNMC a produit environ 143 100 tonnes de cuivre provenant de ses propres mines en 2025 et vise plus de 300 000 tonnes à l’horizon 2030, grâce à plusieurs nouveaux projets en Zambie, en RDC et ailleurs. La capacité de 15 000 tonnes annoncée pour Msesa représenterait à elle seule environ 10 % de la production minière propre enregistrée en 2025.
Cette stratégie intervient alors que les résultats financiers donnent au groupe une capacité d’investissement renforcée. Au premier semestre 2026, CNMC a réalisé 2,261 milliards USD de chiffre d’affaires, en hausse de 29,1 %, et 622,8 millions USD de bénéfice net, en progression de 67,7 %. Le budget total prévu pour Msesa équivaut ainsi à environ 30 % du bénéfice net réalisé sur seulement six mois, selon un calcul de Lepoint.cd.
Pour la RDC, l’indicateur à suivre ne sera donc pas seulement la construction d’une nouvelle mine. Msesa doit permettre à un groupe chinois déjà fortement intégré dans la métallurgie congolaise de renforcer son accès direct au minerai. Si le calendrier est respecté, 15 000 tonnes supplémentaires par an pourraient rejoindre à partir de 2028 les capacités de cuivre que CNMC extrait lui-même avant transformation, plutôt que du métal acheté à des producteurs tiers.
La prochaine étape mesurable sera le démarrage effectif des travaux en 2027, puis l’évolution du budget exécuté par rapport aux 186,37 millions USD désormais programmés.
M. MASAMUNA









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