L’inflation cumulée en RDC atteint désormais 6,467 % depuis le début de 2026, selon les dernières données affichées par la Banque centrale du Congo. Dans le même temps, le dollar reste pratiquement stable autour de 2 263 CDF. Les prix continuent donc de progresser alors que la pression du change s’est fortement réduite, avec l’alimentation comme principal moteur de la dernière hausse.
La donnée d’inflation actuellement publiée par la BCC correspond à la semaine arrêtée au 22 août 2026. Le taux hebdomadaire ressort à 0,192 %, contre 0,216 % la semaine précédente, tandis que le glissement annuel atteint 3,331 %. L’inflation cumulée depuis janvier monte à 6,467 %.
Le passage d’environ 6,263 % à 6,467 % représente un gain proche de 0,204 point de pourcentage. Il ne traduit toutefois pas une accélération de l’inflation hebdomadaire puisque celle-ci ralentit légèrement. Les prix augmentent toujours, mais à un rythme inférieur à celui de la semaine précédente.
Sur le marché officiel des changes, le mouvement est encore plus faible. Le dollar valait 2 268,20 CDF le 28 août, contre 2 263,43 CDF le 31 août, soit une légère appréciation du franc d’environ 0,2 %. Le taux directeur reste pour sa part fixé à 12,5 %, après sa réduction d’un point décidée en juillet par la BCC.
L’alimentation explique plus de la moitié de la dernière hausse
La composition de l’indice montre pourquoi le taux de change ne suffit plus à expliquer l’évolution des prix. D’après les données du Comité de conjoncture relayées par l’ACP, la fonction produits alimentaires et boissons non alcoolisées a contribué à 58,24 % de la variation observée.
Les hausses concernent notamment les légumes, tubercules, huiles et graisses, poissons et viandes. Le logement, l’eau, l’électricité, le gaz et les autres combustibles représentent encore 10,76 % de la contribution, devant les loisirs et la culture à 6,93 %, l’habillement à 5,72 % et les transports à 3,43 %. Les fournitures et uniformes scolaires apparaissent également parmi les produits ayant renchéri.
Cette structure montre une inflation de plus en plus liée aux conditions de l’économie intérieure. La stabilité du franc limite une partie du renchérissement des biens importés, mais elle ne peut pas neutraliser les problèmes d’approvisionnement alimentaire, de transport, d’énergie ou de distribution.
La BCC relevait déjà en juin que la hausse des prix alimentaires restait sensible aux contraintes d’approvisionnement, aux difficultés logistiques, à l’état des infrastructures de transport et aux variations saisonnières de l’offre.
Le contexte monétaire reste néanmoins à surveiller. En août, la masse monétaire M2 a progressé de 1,08 % par rapport à juillet et la base monétaire de 2,44 %, selon la BCC. Les réserves internationales brutes atteignent de leur côté 8,936 milliards USD, en baisse de 2,87 % sur un mois. Ces évolutions ne suffisent pas à expliquer directement la hausse des prix, mais elles complètent le tableau suivi par la Banque centrale.
Pour les ménages, le principal enseignement reste simple. Un dollar stable ne signifie pas automatiquement des prix stables. Tant que l’alimentation, le transport, l’énergie et les circuits d’approvisionnement restent coûteux, l’inflation peut continuer à progresser même sans nouvelle dépréciation importante du franc.
Noella NGOLA









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