La RDC a produit 2 285 667,58 tonnes de cuivre contenu au premier semestre 2026, selon les statistiques provisoires du ministère des Mines. Le Lualaba en représente 1,266 million de tonnes et le Haut-Katanga 1,020 million. Ce chiffre ne doit toutefois pas être confondu avec les 1,724 million de tonnes exportées sur la même période, les deux indicateurs ne mesurant pas le même flux.
Le tableau de synthèse de la filière cupro-cobaltifère publié par la Cellule Technique de Coordination et de Planification Minière, CTCPM, attribue 1 266 113,87 tonnes de cuivre contenu au Lualaba et 1 019 553,72 tonnes au Haut-Katanga. Le total national atteint ainsi 2 285 667,58 tonnes pour les six premiers mois de 2026.
D’après un calcul de Lepoint.cd, le Lualaba représente 55,4 % de ce cuivre contenu, contre 44,6 % pour le Haut-Katanga. L’écart entre les deux provinces s’établit à environ 246 560 tonnes. La concentration reste donc forte dans les deux principales provinces du Copperbelt congolais, mais le poids du Haut-Katanga apparaît nettement plus important lorsqu’on raisonne en production totale de métal contenu qu’en seules exportations de cathodes.
Le rapport précise que les données restent provisoires et partielles. Dans les tableaux détaillés par entreprise, certaines valeurs sont d’ailleurs signalées « ND », c’est-à-dire non disponibles au moment de la publication et susceptibles d’être complétées ultérieurement.
2,286 millions de tonnes ne signifient pas 2,286 millions de tonnes de cathodes
La principale difficulté de lecture tient à la manière dont le ministère construit son indicateur de production. Le tableau ne porte pas sur un seul produit homogène. Il additionne le cuivre contenu dans plusieurs formes marchandes produites par les usines, notamment les cathodes, les anodes, les concentrés, les minerais de cuivre, le cuivre blister, les mattes et les nodules.
Le rapport recense ainsi 1 298 542,44 tonnes de cathodes de cuivre, 84 449,88 tonnes d’anodes, 737 709,12 tonnes de concentrés et 567 847,20 tonnes classées comme minerais de cuivre, auxquels s’ajoutent notamment 26 710,65 tonnes de cuivre blister et 2 505,13 tonnes de matte. Ces volumes physiques ont des teneurs différentes. Une tonne de cathode à 99,99 % de cuivre n’est donc pas statistiquement équivalente à une tonne de concentré contenant une fraction seulement de métal.
C’est précisément pour rendre ces produits comparables que la CTCPM publie parallèlement une mesure en métal contenu.
Cette distinction est importante pour éviter de présenter le chiffre de 2,286 millions de tonnes comme la production d’un produit fini unique. Il s’agit d’un agrégat statistique exprimant la quantité de cuivre contenue dans plusieurs catégories de produits miniers et métallurgiques.
L’écart avec les exportations n’est pas un stock de 561 450 tonnes
Le même rapport chiffre les exportations de cuivre à 1 724 217,20 tonnes au premier semestre 2026. Elles comprennent notamment 1 477 389,32 tonnes de cathodes, 50 628,60 tonnes de cuivre contenu dans les concentrés, 194 036,97 tonnes de cuivre métal de fusion et 2 162,32 tonnes de cuivre présenté sous d’autres formes.
Arithmétiquement, l’écart avec les 2,286 millions de tonnes de cuivre contenu produites atteint 561 450,38 tonnes. Mais ce chiffre ne peut pas être présenté comme 561 450 tonnes de cuivre « non exportées » ou stockées en RDC.
Production et exportation ne décrivent pas le même événement économique. La production mesure ce qui sort des opérations minières et métallurgiques durant une période. L’exportation mesure ce qui franchit effectivement la frontière durant cette même période. Un produit exporté en janvier peut avoir été produit auparavant, tandis qu’une production de juin peut rester en stock, être vendue localement, subir une transformation supplémentaire ou n’être expédiée qu’au semestre suivant. Le rapport comporte d’ailleurs des tableaux distincts consacrés aux ventes locales.
Le chiffre central du semestre doit donc être lu avec cette précaution. La CTCPM comptabilise 2,286 millions de tonnes de cuivre contenu produites au premier semestre 2026. Ce volume renseigne sur la puissance productive de la filière, mais il ne peut pas être comparé mécaniquement aux exportations pour calculer un taux d’écoulement ou un stock national.
H. KABAMBA









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