CMOC Kisanfu Mining arrive en tête des exportateurs d’hydroxydes de cobalt de la RDC au premier semestre 2026 avec 24 824,78 tonnes, représentant 8 410,14 tonnes de cobalt contenu. Mais le classement par société sous-estime le poids réel de certains groupes. En ajoutant TFM, également contrôlée par CMOC, les deux actifs représentent près d’un tiers des hydroxydes exportés par le pays.
Les statistiques provisoires du ministère des Mines permettent de mesurer la concentration industrielle derrière les 119 015,45 tonnes d’hydroxydes de cobalt exportées entre janvier et juin 2026, correspondant à 41 140 tonnes de cobalt contenu.
Avec 24 824,78 tonnes d’hydroxydes, CMOC Kisanfu Mining représente à elle seule environ 20,9 % du total national, selon un calcul de Lepoint.cd. Le volume contient 8 410,14 tonnes de cobalt, soit 20,4 % du cobalt contenu exporté sur le semestre. La société devance KCC avec 15 348,96 tonnes d’hydroxydes, Metalkol avec 14 353,05 tonnes et TFM avec 12 878,27 tonnes.
Les quatre premiers opérateurs cumulent ainsi 67 405,06 tonnes, soit 56,6 % de toutes les exportations d’hydroxydes de cobalt recensées par la CTCPM. En métal contenu, ils représentent 23 136,85 tonnes, soit environ 56,2 % du total national. Cette concentration est également géographique. Le rapport attribue environ 108 263 tonnes d’hydroxydes au Lualaba, contre seulement 10 753 tonnes au Haut-Katanga. Plus de neuf tonnes sur dix exportées proviennent donc du Lualaba.
CMOC approche un tiers des exportations avec Kisanfu et TFM
Une lecture uniquement entreprise par entreprise masque cependant la concentration au niveau des groupes propriétaires. CMOC détient 71,25 % de Kisanfu Mining et 80 % de Tenke Fungurume Mining. Le groupe chinois présente les deux opérations comme ses principaux actifs cuivre-cobalt en RDC.
En regroupant leurs exportations du premier semestre, Kisanfu et TFM atteignent 37 703,05 tonnes d’hydroxydes, dont 12 865,75 tonnes de cobalt contenu. Selon les calculs de Lepoint.cd, cela correspond à 31,7 % des hydroxydes exportés par la RDC et 31,3 % du cobalt contenu.
Le rapport de force devient alors sensiblement différent du simple classement des sociétés. Kisanfu est numéro un individuellement, mais la véritable empreinte de CMOC dans les exportations est près de moitié supérieure au volume affiché par Kisanfu seule.
Le même raisonnement s’applique à Glencore. KCC, deuxième exportateur avec 15 348,96 tonnes, est contrôlée à 70 % par le groupe suisse. Glencore détient également 95 % de Mutanda Mining, qui a exporté 8 892,65 tonnes d’hydroxydes, représentant 3 051,63 tonnes de cobalt contenu.
KCC et Mutanda cumulent donc 24 241,61 tonnes, soit environ 20,4 % des exportations nationales d’hydroxydes au premier semestre.
Metalkol constitue le troisième bloc industriel identifiable. L’entreprise appartient à 90 % à Eurasian Resources Group et à 10 % à l’État congolais. Ses 14 353,05 tonnes exportées représentent environ 12,1 % du total. ERG indique une capacité nominale d’environ 23 000 tonnes de cobalt contenu dans les hydroxydes par an pour son installation de Kolwezi.
Trois groupes derrière près de deux tiers des volumes
En regroupant uniquement les actifs majoritairement contrôlés par CMOC, Glencore et ERG, leurs exportations atteignent environ 76 298 tonnes d’hydroxydes de cobalt sur les six premiers mois. Cela représente 64,1 % des exportations nationales, selon un calcul de Lepoint.cd. En cobalt contenu, les mêmes actifs cumulent environ 26 188 tonnes, soit près de 63,7 % du total exporté.
Cette concentration ne signifie pas que ces groupes « contrôlent » seuls le marché congolais du cobalt. La CTCPM recense d’autres exportateurs, parmi lesquels EGC, SOMIDEZ, LAMIKAL, KIMIN, KALONGWE et plusieurs opérateurs du Haut-Katanga. Elle ne mesure pas non plus les contrats commerciaux conclus après la sortie du produit du territoire national.
Elle donne néanmoins une indication précise sur la structure industrielle des flux physiques. Près de deux tiers des hydroxydes de cobalt exportés au premier semestre proviennent d’actifs majoritairement détenus par trois groupes internationaux.
Cette lecture est différente de celle de la production minière. Les volumes utilisés ici correspondent uniquement aux exportations d’hydroxydes enregistrées par la CTCPM. Ils ne doivent donc pas être assimilés à la production totale de cobalt de chaque société ni à leurs quotas annuels.
Le prochain classement permettra de mesurer si cette concentration se maintient au second semestre, alors que les exportations de cobalt évoluent désormais dans un environnement fortement encadré par la politique congolaise de contingentement.
M. KOSI









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