Le Fonds de Régulation Économique et la Régie des Voies Fluviales ont signé le 28 août 2026 un protocole portant sur 2,4 millions USD pour améliorer la navigabilité d’environ 2 300 kilomètres de voies d’eau. Le programme cible le balisage, le dragage et le désencombrement, avec un objectif économique précis, faciliter l’évacuation des productions agricoles vers les principaux marchés de consommation.
L’accord entre le FOREC et la RVF doit financer plusieurs interventions techniques destinées à maintenir les chenaux navigables et à améliorer les conditions de circulation des marchandises. Le ministère de l’Économie nationale relie directement cette opération à la réduction des contraintes de transport qui pénalisent les bassins de production éloignés des grands centres urbains.
L’intérêt économique du programme dépasse ainsi la navigation elle-même. Dans plusieurs provinces, le coût d’un produit agricole dépend fortement de la possibilité de l’acheminer depuis les zones rurales jusqu’aux marchés. Lorsque les routes sont insuffisantes ou très longues, les fleuves et rivières constituent une infrastructure logistique susceptible de transporter des volumes importants à moindre coût, à condition que les chenaux restent praticables et correctement balisés.
Le protocole porte toutefois sur une intervention programmée. La signature et le financement annoncé de 2,4 millions USD ne signifient pas encore que les 2 300 kilomètres ont été réhabilités. Les prochains indicateurs seront l’engagement effectif des fonds, les sections traitées et le volume de trafic bénéficiant des travaux.
Le fluvial revient dans la stratégie de désenclavement

Cet accord intervient seulement trois jours après le lancement par Félix Tshisekedi, le 25 août, d’une campagne de balisage du fleuve Congo et de la rivière Kasaï. La Présidence indique que cette opération vise à sécuriser la navigation et faciliter le transport des personnes et des marchandises. Le chef de l’État avait alors remis aux équipes de la RVF l’autorisation de démarrer les travaux de signalisation des chenaux et des zones dangereuses. (Présidence de la RDC)
Les deux annonces traduisent une attention renforcée portée au réseau hydrographique comme infrastructure économique. Lepoint.cd avait déjà documenté en février 2025 une campagne de réfection et de balisage sur 1 734 kilomètres entre Kinshasa et Kisangani, conduite par la RVF. (Le Point)
Le nouveau programme ajoute une dimension directement liée aux chaînes agricoles. Le FOREC, placé sous la tutelle du ministère de l’Économie nationale, intervient notamment sur les questions d’approvisionnement et de régulation des marchés. Son association avec la RVF rapproche donc deux problématiques souvent traitées séparément en RDC, la production et son transport jusqu’au consommateur.
Le communiqué gouvernemental ne détaille pas encore les 2 300 kilomètres concernés tronçon par tronçon. Une partie du résultat économique dépendra pourtant de cette géographie. Une intervention sur des axes reliant directement des bassins agricoles importants aux marchés de Kinshasa, du Grand Kasaï ou d’autres centres de consommation n’aura pas le même effet qu’un entretien dispersé du réseau.
Pour mesurer l’efficacité des 2,4 millions USD, il faudra donc dépasser le nombre de kilomètres annoncés et suivre les jours de navigabilité gagnés, les volumes de produits transportés, les délais d’acheminement et l’évolution des coûts logistiques. C’est sur ces indicateurs que pourra être évaluée la contribution réelle du programme au désenclavement des bassins de production.
H. KABAMBA









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