Au DRC Investment Forum, le directeur général adjoint de Tenke Fungurume Mining (TFM), John Woto, a plaidé pour une approche plus concrète des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), en mettant particulièrement l’accent sur l’accès au financement des coopératives et des entrepreneurs congolais.
« Je suis très pratique », cette phrase résume le ton de l’intervention de John Woto lors d’un panel consacré aux enjeux ESG. Face aux difficultés soulevées par les représentants des sociétés coopératives et des entrepreneurs miniers, le dirigeant de TFM a appelé à dépasser les déclarations de principe pour s’attaquer directement aux obstacles qui freinent leur développement.
« Je suis contre la multiplication des forums pour rien. Pour rien. Je suis très pratique. », a-t-il lancé, invitant les participants à transformer les échanges en actions concrètes.
Pour le responsable de TFM, le principal problème reste celui de l’accès au financement.
Il a notamment relevé les difficultés rencontrées par les sous-traitants et les coopératives qui disposent parfois de contrats, mais ne possèdent pas les ressources nécessaires pour les exécuter.
« Nous avons des difficultés de financement. Voilà pourquoi nos frères chinois aident ces sociétés coopératives à avancer », a-t-il souligné.
Cette situation pose, selon lui, la question de la capacité du système financier à accompagner les acteurs locaux de la chaîne minière.
Le financement passe aussi par la gouvernance
John Woto estime toutefois que les banques ne peuvent pas financer durablement des entreprises dont la situation financière, l’activité ou les bénéficiaires sont difficiles à identifier.
« Les banques ont un régulateur et elles veulent des garanties. Alors, elles veulent de la traçabilité, elles veulent du KYC, elles veulent du profiling », a-t-il déclaré.
Pour le DGA de TFM, la gouvernance doit ainsi être considérée comme un outil permettant de faciliter l’accès au capital.
« La gouvernance vient avec des infrastructures. C’est ce que les banques attendent », a-t-il indiqué.
Dans cette logique, il encourage les acteurs du secteur à mieux structurer leurs activités, à documenter leurs opérations et à fournir les informations nécessaires aux institutions financières.
Par ailleurs, John Woto a également illustré les difficultés auxquelles sont confrontés certains entrepreneurs avec lesquels travaillent les entreprises minières.
« J’ai quelqu’un qui a un contrat de 4 millions de mètres cubes à excaver, mais qui n’a pas d’engin », a-t-il déclaré.
Pour lui, ce type de situation démontre qu’il ne suffit pas d’attribuer des marchés aux entreprises congolaises. Encore faut-il leur permettre d’obtenir les financements et les équipements nécessaires à leur réalisation.
Le dirigeant explique d’ailleurs qu’il tente, dans la mesure de ses possibilités, de mettre en relation certains fournisseurs et entrepreneurs avec des partenaires susceptibles de les accompagner.
« Aujourd’hui, j’accompagne dans la liste de tous mes fournisseurs, et je les amène chez les gens que je trouve, afin que ces sous-traitants puissent avoir gain de cause », a-t-il déclaré.
L’intervention de John Woto a également porté sur les sociétés coopératives minières. Il estime que leur accompagnement doit notamment passer par une meilleure connaissance de leurs activités et de leurs ressources.
Pour lui, la mise en place de mécanismes de traçabilité et d’identification des acteurs constitue une étape importante pour attirer des partenaires financiers crédibles.
Cette approche rejoint directement les principes de gouvernance et de responsabilité défendus dans le cadre ESG : mieux connaître les acteurs, sécuriser les transactions, renforcer la transparence et créer les conditions permettant aux entreprises locales d’accéder aux opportunités générées par l’industrie minière.
Eldad Bwetu









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