Les exportations congolaises de zinc contenu ont atteint 112 206,22 tonnes au premier semestre 2026, contre 93 288,03 tonnes sur la même période de 2025, soit une progression de 20,3 % selon un calcul de Lepoint.cd. Cette croissance repose presque entièrement sur Kipushi Corporation, KICO, qui représente 96,5 % du zinc contenu exporté par le pays.
Les statistiques provisoires de la Cellule Technique de Coordination et de Planification Minière montrent un changement d’échelle rapide de la filière zinc. Au premier semestre 2025, les volumes exportés s’élevaient à 43 362,28 tonnes au premier trimestre et 49 925,75 tonnes au deuxième, soit 93 288,03 tonnes de zinc contenu sur six mois. En 2026, le total monte à 61 349,02 tonnes au premier trimestre et 50 857,21 tonnes au deuxième, pour 112 206,22 tonnes sur l’ensemble du semestre.
L’augmentation annuelle atteint donc 18 918,19 tonnes, soit 20,28 %. Le rapport lui-même décrit cette évolution comme un changement d’échelle lié à l’entrée en exploitation de KICO. Après des volumes encore marginaux entre 2022 et 2024, le zinc dépasse désormais 100 000 tonnes exportées sur un seul semestre.
KICO fournit 96,5 % du zinc contenu exporté
La domination de Kipushi apparaît directement dans le tableau consacré aux exportations. Entre janvier et juin, KICO a exporté 216 516,65 tonnes physiques de concentrés de zinc, avec des teneurs variant de 44,49 % à 55,58 %. Ces cargaisons correspondent à 108 323,28 tonnes de zinc métal contenu. STL complète le total avec 5 250,06 tonnes de poussières de zinc correspondant à 3 882,94 tonnes de métal contenu.
KICO représente ainsi 96,5 % des 112 206 tonnes de zinc contenu exportées par la RDC, selon un calcul de Lepoint.cd. Le poids de STL ressort à environ 3,5 %.
Cette distinction entre volume physique de concentré et métal contenu est essentielle. Le commentaire accompagnant la figure du rapport présente à tort les 108 323,28 tonnes comme un volume de concentré de zinc. Or le tableau situé juste au-dessus indique clairement 216 516,65 tonnes de concentrés pour 108 323,28 tonnes de métal contenu. Lepoint.cd retient donc les catégories du tableau statistique détaillé.
La différence n’est pas seulement terminologique. Une tonne de concentré de Kipushi contient environ la moitié de son poids en zinc. Comparer 216 517 tonnes de concentrés avec 112 206 tonnes de zinc contenu national reviendrait donc à mélanger deux unités statistiques différentes.
Le redémarrage de Kipushi explique l’essentiel de la rupture observée depuis 2024. La mine, détenue à 62 % par Ivanhoe Mines et 38 % par Gécamines, a recommencé à produire du concentré en juin 2024 après plusieurs décennies d’arrêt. Son concentrateur dispose désormais d’une capacité de traitement portée à 960 000 tonnes de minerai par an après un programme d’optimisation achevé en 2025.
La montée en puissance s’est poursuivie en 2026. Ivanhoe Mines indique que Kipushi a produit 135 221 tonnes de zinc en concentré au premier semestre, dont 70 177 tonnes au deuxième trimestre, en hausse de 8 % par rapport au premier. Le groupe vise entre 240 000 et 290 000 tonnes sur l’ensemble de l’année. (Ivanhoe Mines)
Production et exportations ne doivent toutefois pas être confondues. Ivanhoe signalait à fin juin environ 44 000 tonnes de zinc en concentré invendues, en raison de contraintes logistiques entre la mine et les ports d’exportation. Cette accumulation explique pourquoi la hausse de la production ne se transforme pas immédiatement et intégralement en volumes exportés sur la même période. (Ivanhoe Mines)
Le zinc devient ainsi une filière minière beaucoup plus visible dans les statistiques congolaises, mais aussi extrêmement concentrée. Sur 112 206 tonnes de métal contenu exportées au premier semestre, plus de 108 000 tonnes proviennent d’un seul opérateur, KICO. Le prochain indicateur sera la capacité de Kipushi à écouler au second semestre les stocks accumulés tout en poursuivant sa montée en production.
M. MASAMUNA









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