Le Trésor congolais a levé 35,214 millions USD lors de l’adjudication du 25 août, alors qu’il recherchait initialement 25 millions. Les investisseurs ont proposé 65,634 millions USD, signe d’une demande nettement supérieure à l’offre. Mais l’opération coïncide avec l’échéance de 58,34 millions USD empruntés six mois auparavant, ce qui pose désormais la question du refinancement réel de la dette intérieure.
Le résultat, désormais publié par le ministère des Finances, montre que sept investisseurs ont participé à l’adjudication. Six ont été retenus pour un montant total de 35,214 millions USD, soit 10,214 millions de plus que l’enveloppe annoncée. Les soumissions ont atteint 65,634 millions USD, ce qui porte le taux de couverture à 262,536 %. Le Trésor n’a finalement accepté qu’environ 53,6 % des offres reçues.
Les nouveaux Bons du Trésor ont une maturité de douze mois et arriveront à échéance le 24 août 2027. Leur taux moyen pondéré ressort à 8 %.
Le marché semble donc avoir accepté une rémunération inférieure à celle observée six mois auparavant. Le 24 février, l’État avait mobilisé 58,34 millions USD sur une émission de 75 millions à six mois. La Banque centrale du Congo retient pour cette opération un taux moyen pondéré de 9,8 %, avec un taux de couverture de 77,8 %. Certains comptes rendus de l’époque mentionnaient également un taux de 10,5 %, mais pour comparer les deux adjudications sur une même base, le taux moyen pondéré constitue l’indicateur le plus pertinent.
La baisse est donc de 1,8 point de pourcentage, de 9,8 % à 8 %. Elle intervient également dans un environnement très différent. En février, le Trésor n’avait pas réussi à lever la totalité des 75 millions recherchés. En août, les offres représentent plus de deux fois et demie le montant mis sur le marché.
La vraie question reste le remboursement des 58,34 millions USD
L’opération du 25 août ne doit toutefois pas être lue uniquement comme une nouvelle levée réussie. Les 58,34 millions USD empruntés le 24 février arrivaient précisément à échéance le 25 août.
Les 35,214 millions nouvellement levés représentent environ 60,4 % du principal arrivé à maturité, selon un calcul de Lepoint.cd. L’écart atteint 23,126 millions USD, avant même de tenir compte des intérêts dus sur l’ancien titre.
Cela ne signifie pas que le Trésor a utilisé la nouvelle émission pour rembourser celle de février. Les documents publiés sur l’adjudication du 25 août ne permettent pas d’établir la source de trésorerie utilisée pour régler l’ancienne échéance, ni même de confirmer publiquement que les 58,34 millions USD ont été intégralement remboursés à leurs détenteurs.
C’est pourtant cette information qui permettrait de mesurer le véritable rollover. Si l’ancien titre a été entièrement remboursé et si la nouvelle émission constitue une dette distincte, le Trésor a remplacé moins des deux tiers du principal arrivé à échéance. À l’inverse, l’absence d’informations détaillées sur les remboursements empêche encore de reconstituer précisément la dette nette créée ou éteinte autour de cette opération.
Le résultat du 25 août reste néanmoins positif sur deux points. La demande des investisseurs est forte et le coût moyen apparent du financement en dollars a diminué. La prochaine étape est maintenant de savoir si cette amélioration accompagne aussi une gestion plus fluide des échéances.
Pour suivre réellement la dette intérieure, il faudra donc regarder au-delà des montants levés et publier systématiquement les remboursements du principal, les intérêts payés, les nouvelles émissions et l’encours restant après chaque maturité.
M. MASAMUNA









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