La République démocratique du Congo et Israël ont confirmé, mardi 1er septembre à Jérusalem, leur volonté d’élargir leur coopération économique. Les échanges de Félix Tshisekedi avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président Isaac Herzog ont porté sur l’agriculture, les infrastructures, l’énergie et les hautes technologies, parallèlement aux questions de sécurité et de défense. Pour l’heure, cette volonté politique ne s’accompagne toutefois d’aucun projet d’investissement identifié par un montant, une entreprise ou un calendrier précis dans les comptes rendus officiels publiés après les rencontres.
Du côté israélien, le compte rendu du bureau du Premier ministre, rapporté par The Times of Israel, indique que Félix Tshisekedi et Benjamin Netanyahu sont convenus de renforcer les relations économiques et sécuritaires entre les deux pays. La Présidence congolaise va plus loin dans l’énumération des domaines concernés. Avec Isaac Herzog, le chef de l’État congolais a notamment cité l’agriculture et la sécurité alimentaire, l’eau, la santé, les technologies, l’innovation, la formation et l’investissement.
Le passage des secteurs prioritaires aux projets financés reste déterminant
Pour Kinshasa, la prochaine étape sera surtout économique. Identifier des secteurs de coopération ne constitue pas encore un investissement au sens financier du terme. Un projet devient réellement mesurable lorsqu’un opérateur est identifié, qu’un actif ou une activité est localisé, qu’un montant d’investissement est arrêté et qu’un schéma de financement ainsi qu’un calendrier sont définis.
Cette distinction est d’autant plus importante que la relation RDC–Israël a déjà produit plusieurs séquences préparatoires. Lors de la visite d’Isaac Herzog à Kinshasa en novembre 2025, Félix Tshisekedi avait présenté aux opérateurs israéliens des possibilités dans les mines, les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, la science, l’éducation et la santé. Le président congolais évoquait alors la perspective de partenariats stratégiques entre entreprises et gouvernements.
En janvier dernier, Lepoint.cd avait également rapporté des discussions entre le ministre congolais de l’Agriculture Muhindo Nzangi et son homologue israélien Avi Dichter sur l’irrigation de précision, la gestion de l’eau et le transfert de technologies agricoles. Le principe de visites d’entrepreneurs et d’investisseurs israéliens en RDC avait déjà été évoqué afin d’identifier des solutions susceptibles d’être déployées localement.
La séquence diplomatique de juillet a, elle, débouché sur deux mémorandums formels. Signés à Jérusalem par Thérèse Kayikwamba Wagner et Gideon Sa’ar, ils concernent les consultations politiques entre les deux ministères des Affaires étrangères et la coopération dans la formation diplomatique. Le ministère israélien des Affaires étrangères indiquait parallèlement que les deux pays souhaitaient développer leurs relations dans l’investissement, l’innovation, l’agriculture, la santé, l’éducation et les technologies émergentes.
La visite présidentielle du 1er septembre élargit donc le cadre politique, mais elle ne permet pas encore d’établir la valeur financière du portefeuille économique envisagé. La Présidence avait annoncé, dès l’arrivée de Félix Tshisekedi en Israël, que les possibilités d’investissements israéliens autour du Corridor de Lobito seraient également évaluées. Ce corridor dépasse désormais la seule infrastructure ferroviaire. Kinshasa cherche à y agréger routes, énergie, agriculture, industrie, commerce et investissements privés. Le Gouvernement estime notamment à près de 1 000 kilomètres les routes complémentaires à développer dans la partie congolaise du programme.
Le véritable indicateur des prochains mois sera donc la transformation de cette diplomatie économique en opérations identifiables. Entreprise israélienne engagée, projet retenu, province d’implantation, montant en capital, mode de financement et échéancier permettront de mesurer la portée réelle du rapprochement annoncé à Jérusalem. Félix Tshisekedi a lui-même placé ce critère au centre de son discours en affirmant que la coopération devait désormais être appréciée à travers la mise en œuvre des accords et les résultats produits.
Peter MOYI









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