La République démocratique du Congo prépare sa participation à la cinquième édition du UK–Francophone West & Central Africa Trade & Investment Forum, prévue du 19 au 21 octobre 2026 à Conakry. La directrice générale de l’ANAPI, Rachel Pungu Luamba, et l’ambassadeur de Guinée en RDC, Sékou Camara, ont examiné à Kinshasa les possibilités offertes par cette rencontre entre gouvernements, investisseurs, banques et entreprises britanniques et africaines. Pour Kinshasa, le rendez-vous peut surtout servir à présenter des projets d’investissement directement aux détenteurs de capitaux et aux institutions de financement présentes sur ce marché.
Les échanges entre l’Agence nationale pour la promotion des investissements et la représentation diplomatique guinéenne ont porté sur les modalités permettant aux institutions congolaises invitées de participer au WCAF V. Sékou Camara a assuré la disponibilité de son ambassade pour faciliter cette présence, tandis que l’ANAPI veut utiliser le forum pour renforcer la promotion de la destination RDC et mettre en relation les opportunités nationales avec des investisseurs internationaux. Le rendez-vous de Conakry est organisé sous le thème « De la coopération à la transformation, construire l’avenir du développement en Afrique » et réunira des responsables publics et privés d’Afrique francophone de l’Ouest et du Centre avec leurs homologues britanniques.
Conakry veut faire passer les discussions vers les projets
L’intérêt du WCAF pour la RDC réside surtout dans son orientation vers les transactions et le financement. Les organisateurs ont ouvert une Deal Room permettant de présenter des projets préparés aux investisseurs, institutions financières de développement, banques commerciales, fonds de private equity, fonds souverains, agences de crédit à l’exportation et entreprises d’infrastructures. Les porteurs de projets peuvent y organiser des rencontres B2B et B2G avant même l’ouverture du forum. Cette architecture correspond à l’évolution recherchée actuellement par Kinshasa, qui veut constituer davantage de projets bancables et mobiliser des capitaux privés pour compléter les ressources publiques consacrées aux infrastructures, à l’énergie, à l’industrie et à la diversification économique.
Le forum bénéficie également d’un ancrage britannique identifiable. Lors de son lancement à Londres en mai, des représentants de UK Export Finance et du Foreign, Commonwealth & Development Office avaient participé aux échanges aux côtés des autorités guinéennes et britanniques. La Guinée, pays hôte de cette édition, entend utiliser la rencontre pour présenter notamment sa stratégie de transformation liée à Simandou 2040 et rapprocher ses grands projets d’infrastructures et d’industrialisation des partenaires financiers internationaux. Pour la RDC, la compétition pour les capitaux sera donc très concrète. Être présent ne suffira pas à attirer des financements si les projets présentés ne disposent pas d’une préparation technique, juridique et financière permettant aux investisseurs de les évaluer rapidement.
Cette question rejoint directement les nouvelles orientations de l’ANAPI. L’agence, dirigée par Rachel Pungu Luamba depuis décembre 2024, accompagne les investisseurs depuis l’identification des opportunités jusqu’à la réalisation des projets et participe parallèlement au suivi des réformes du climat des affaires. Elle cherche également à renforcer la promotion économique des provinces afin d’élargir l’investissement au-delà des secteurs et territoires traditionnellement les plus attractifs.
Une nouvelle fenêtre vers les capitaux britanniques
Le déplacement de Conakry intervient alors que la RDC multiplie les contacts économiques avec le Royaume-Uni. L’ARSP vient également d’ouvrir des discussions avec UK–DRC Business autour de l’investissement, du contenu local et de la sous-traitance. Le WCAF apporte une dimension différente en réunissant plusieurs pays africains sur une même plateforme, ce qui permet aux investisseurs britanniques de comparer directement les projets, les régimes d’investissement et les perspectives sectorielles proposés par différents marchés.
Pour la RDC, la meilleure utilisation de cette rencontre sera donc moins une présentation générale de son potentiel que la mise en avant de projets identifiables nécessitant du capital, des équipements, des technologies ou des partenaires industriels. Le pays dispose déjà d’un portefeuille important dans les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, les mines, la transformation industrielle et les partenariats public-privé. À Conakry, l’objectif de l’ANAPI sera de convertir cette offre en dossiers capables d’entrer dans les radars des investisseurs et institutions financières présents au WCAF.
La rencontre entre Rachel Pungu Luamba et Sékou Camara prépare ainsi davantage qu’une participation institutionnelle. Elle ouvre à la RDC une plateforme supplémentaire pour confronter ses projets aux exigences concrètes du capital international et renforcer son accès aux réseaux économiques britanniques et africains.
Peter MOYI









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