Les banques commerciales congolaises détenaient 46 582,81 milliards CDF de dépôts de clientèle à fin août 2026, un niveau inchangé par rapport à juillet. Derrière cette stabilité, deux caractéristiques restent dominantes dans la structure des ressources bancaires, avec 88,5 % des dépôts libellés en monnaies étrangères et 77,1 % immédiatement disponibles à vue.
L’encours des dépôts de la clientèle des banques commerciales s’est établi à 46 582,810 milliards CDF en août 2026, exactement au même niveau qu’un mois auparavant, selon la situation SAID 2SG publiée par la Banque centrale du Congo. La BCC confirme une variation mensuelle de 0,00 % aussi bien pour le total des dépôts que pour chacune des principales composantes présentées dans cette série statistique.
Cette absence de variation ne suffit pas, à elle seule, à conclure à une amélioration ou à une détérioration de la collecte bancaire. Elle montre surtout que l’encours mesuré par cette situation statistique n’a pas progressé entre juillet et août, alors que d’autres agrégats monétaires ont continué d’évoluer. En août, la masse monétaire M2 a ainsi augmenté de 1,08 % à 51 794,468 milliards CDF, tandis que le crédit au secteur privé a progressé de 0,80 % à 29 378,811 milliards CDF.
Près de neuf francs déposés sur dix restent libellés en monnaies étrangères
La structure monétaire des dépôts reste le principal enseignement des données d’août. Les avoirs de clientèle libellés en monnaies étrangères atteignent 41 234,130 milliards CDF, contre seulement 5 348,680 milliards CDF en monnaie nationale. Les devises représentent ainsi 88,5 % de l’ensemble, contre 11,5 % pour le franc congolais, d’après le calcul de notre rédaction à partir des données de la BCC.
Ce ratio confirme la persistance d’une forte dollarisation financière du système bancaire congolais. Le phénomène était déjà visible quelques mois auparavant. À fin mai 2026, la BCC évaluait à 87,9 % la part des dépôts en devises, contre 12,1 % en monnaie nationale. La proportion observée en août reste donc légèrement supérieure à celle enregistrée trois mois plus tôt.
Pour la politique monétaire, cette configuration est importante. Une part limitée des dépôts constituée directement en francs congolais réduit la profondeur des ressources bancaires libellées dans la monnaie sur laquelle la Banque centrale agit directement à travers son taux directeur, ses réserves obligatoires et ses opérations monétaires. Elle expose également davantage les bilans bancaires et les comportements des déposants aux mouvements du taux de change, même lorsque les banques cherchent à faire correspondre la monnaie de leurs crédits à celle de leurs ressources.
La deuxième caractéristique tient à la disponibilité de l’épargne. Les dépôts à vue atteignent 35 931,210 milliards CDF, soit 77,1 % du total. Par différence, environ 10 651,6 milliards CDF, soit 22,9 %, relèvent des autres formes de dépôts.
Une ressource bancaire dominée par les dépôts immédiatement mobilisables est utile pour les transactions et les paiements, mais elle n’équivaut pas à une épargne stable de longue maturité. Pour financer davantage d’investissements productifs sur plusieurs années, la question n’est donc pas uniquement de savoir combien les banques collectent, mais aussi dans quelle monnaie et pour quelle durée elles disposent de ces ressources.
À titre de comparaison macrofinancière, l’encours du crédit au secteur privé atteignait 29 378,811 milliards CDF en août, contre 46 582,810 milliards pour les dépôts SAID. Ces deux statistiques ne constituent pas directement un ratio prudentiel prêts/dépôts, leurs périmètres statistiques devant être distingués, mais elles permettent d’observer simultanément l’évolution des ressources collectées et celle du financement de l’économie. En août, les premières sont restées inchangées tandis que le crédit au secteur privé progressait de 0,8 %.
Les prochains mois permettront surtout de vérifier si la stabilisation des dépôts se prolonge et si la part du franc congolais parvient à augmenter durablement. Pour la BCC, la structure par monnaie compte autant que le niveau global des ressources si l’objectif est d’accroître progressivement l’usage de la monnaie nationale dans le système financier.
J. KAKESA









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