Le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, a lancé le 30 septembre 2026 à Kolwezi la Conférence des entités provinciales (CONFEP). Le programme, qui court jusqu’au 9 octobre, comprend la réunion ordinaire du Comité de politique monétaire, où le taux directeur, à 12,5 %, sera de nouveau examiné.
La CONFEP réunit les représentations provinciales de la BCC. Les travaux portent sur la proximité provinciale, la souveraineté monétaire, la stabilité financière, l’inclusion financière, la digitalisation et la gestion des risques. La Banque centrale y voit un moyen de renforcer ses entités en province, dans le cadre de son Plan stratégique 2026-2030.
Pour les marchés et les entreprises, la partie la plus suivie du calendrier se situe après cette conférence. La BCC prévoit en effet une retraite stratégique de son Conseil, une session paritaire, la réunion ordinaire du Comité de politique monétaire (CPM) et une conférence avec la Fédération des entreprises du Congo (FEC), la Chambre des mines et l’Association congolaise des banques (ACB) sur la stabilité du cadre macroéconomique.
Un taux directeur à 12,5 % face à une inflation qui remonte
Le CPM du 17 juillet 2026 a ramené le taux directeur de 13,5 % à 12,5 %, après une première baisse de 15 % à 13,5 % en avril. Le taux de la facilité de prêt marginal a été abaissé de 17,5 % à 16,5 %. La BCC a aussi créé un bon BCC à 252 jours pour absorber durablement les liquidités bancaires excédentaires.
L’inflation, elle, s’est accélérée au deuxième trimestre, à 2,9 % en glissement annuel contre 2,2 % au premier. La BCC attribue cette hausse au prix du carburant à la pompe, aux coûts logistiques des produits importés et aux anticipations des opérateurs. Selon un calcul de Lepoint.cd, le taux directeur dépasse ainsi de 9,6 points l’inflation annuelle du trimestre. Ce niveau laisse à la BCC une marge pour poursuivre l’assouplissement, mais la reprise des prix limite le rythme possible.
Le comité de juillet a lui-même cité des risques pour la suite, à savoir l’expansion de la liquidité liée aux dépenses publiques du conflit dans l’Est, les dépenses de rentrée scolaire des ménages et le renchérissement des importations.
Des réserves à 8,18 milliards USD
Les réserves internationales ont progressé de 477,3 millions USD pour atteindre 8,18 milliards USD, soit 3,12 mois de couverture des importations. Le taux de change s’établissait fin juin à 2 244 CDF pour un dollar sur le marché interbancaire. Ce coussin conditionne la capacité de la BCC à limiter la volatilité du franc congolais, un point sensible pour les exportateurs miniers réunis à la conférence avec la Chambre des mines.
Selon les informations publiées après la réunion de juillet, le CPM est prévu le 8 octobre. Les données d’inflation du troisième trimestre et l’évolution du taux de change sur le marché parallèle seront déterminantes pour savoir si la BCC abaisse encore son taux directeur ou le maintient.
Peter MOYI









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