Le gouvernement prépare un projet pilote de traçabilité des camions-citernes qui combine la plateforme numérique SIGOIL et des scellés électroniques GPS/GSM. Aucune date de démarrage ni aucun coût n’ont été communiqués après la réunion interministérielle du 29 septembre 2026.
La réunion s’est tenue au ministère des Hydrocarbures, sous la présidence de la ministre d’État Acacia Bandubola Mbongo. Le dispositif vise en priorité les corridors des zones Sud et Est, qui reçoivent des produits pétroliers de Tanzanie, de Zambie, du Zimbabwe et d’Afrique du Sud. Le gouvernement en attend une meilleure traçabilité des produits, moins de fuites de recettes et une mobilisation accrue des recettes fiscales. Une extension à tout le territoire n’est envisagée qu’après la phase pilote.
Le dispositif repose sur deux outils. SIGOIL, développé avec Swiss Authentis, doit centraliser les données du secteur pétrolier aval au sein du ministère et permettre un suivi en temps réel. Intertek doit poser sur les camions-citernes des scellés électroniques, dès les pays d’origine, pour suivre les cargaisons jusqu’aux postes-frontières et aux centres de dépotage en RDC. Le directeur général de Swiss Authentis, Guillaume Chaize, précise que son entreprise investit depuis un an dans la plateforme, qui reste la propriété du ministère.
Des scellés déjà annoncés, un contrôle qui reste à démontrer
L’annonce n’est pas la première du genre. En novembre 2024, l’ancien ministre Aimé Sakombi Molendo citait déjà des scellés électroniques couplés à des plateformes de suivi, en plus du marquage moléculaire des carburants lancé la même année. Le pilote annoncé aujourd’hui constitue donc l’étape où ces outils doivent être testés en conditions réelles, ce qui n’est pas encore le cas.
Les volumes en jeu sont élevés. Dans un courrier du 30 janvier 2026 à la Direction générale des douanes et accises, la ministre indiquait qu’environ 2 millions de mètres cubes de produits pétroliers avaient été importés par le Sud en 2025, notamment via le Haut-Katanga. Elle y dénonçait des pratiques frauduleuses organisées, avec des soupçons de complicités internes, et citait la saisie de trois camions-citernes de carburant non marqué le 16 janvier. Ces éléments restent des accusations de la ministre et non des constats judiciaires.
Le pilote doit encore préciser sa zone, sa durée et le nombre de camions concernés. Ces informations permettront d’évaluer sa portée, tout comme le niveau des volumes déclarés à l’entrée par rapport aux estimations d’importations, et les recettes fiscales du secteur pétrolier aval au cours des prochains mois.
Noella NGOLA









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