Les exportations de pétrole brut transitant par le détroit d’Ormuz ont atteint 33,7 millions de barils entre le 20 et le 25 septembre 2026, selon les données préliminaires de Kpler rapportées par Reuters. Malgré la reprise ponctuelle des expéditions, la circulation maritime reste fortement perturbée. Pour la RDC, cette instabilité entretient les risques de renchérissement des carburants importés, du transport et des coûts d’approvisionnement.
Le détroit d’Ormuz retrouve une partie de son activité pétrolière, sans revenir à ses conditions normales de fonctionnement. D’après les données Kpler publiées par Reuters le 25 septembre, 19 pétroliers ont transporté 33,7 millions de barils de brut depuis le début de la semaine, dont 17 très grands transporteurs de pétrole, capables d’embarquer jusqu’à deux millions de barils chacun. Les cargaisons proviennent principalement d’Arabie saoudite et d’Irak.
La semaine précédente, 49,2 millions de barils avaient franchi le passage maritime. Les 33,7 millions annoncés vendredi constituent toutefois un relevé provisoire, tandis que le chiffre précédent couvre une semaine complète. Leur comparaison ne permet donc pas de conclure à une nouvelle baisse hebdomadaire des exportations.
Mercredi 23 septembre, environ 60 navires commerciaux de différentes catégories avaient traversé le détroit, selon un responsable américain cité par Reuters. Cette reprise ponctuelle a été suivie d’un ralentissement dès le lendemain, avec neuf navires transportant des marchandises recensés par Kpler, contre quatorze la veille. Ces données restent partielles, certains bâtiments naviguant avec leur système de localisation désactivé.
Un passage stratégique encore très éloigné de son activité normale
Avant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, le 28 février 2026, Ormuz accueillait environ 125 grands navires commerciaux par jour. Les perturbations successives ont profondément modifié les circuits d’exportation des producteurs du Golfe, contraints d’utiliser davantage les oléoducs, les ports alternatifs et les transferts de cargaisons entre pétroliers.
L’ampleur du choc apparaît dans les statistiques de l’Agence américaine d’information sur l’énergie. Les flux de pétrole brut et de produits pétroliers traversant Ormuz sont passés d’une moyenne de 21,6 millions de barils par jour au quatrième trimestre 2025 à 4,9 millions au deuxième trimestre 2026, soit une contraction d’environ 77 %. Ces données trimestrielles couvrent davantage de produits que le seul brut comptabilisé dans le relevé hebdomadaire de Kpler.
La situation s’est compliquée en septembre après les attaques contre l’oléoduc saoudien Est-Ouest, qui permet normalement d’acheminer le pétrole vers le port de Yanbu, sur la mer Rouge. Saudi Aramco a alors augmenté ses expéditions par Ormuz, tandis que les opérations de transfert entre pétroliers dans le golfe d’Oman se sont intensifiées.
Cette réorganisation contribue à maintenir une partie des exportations, mais elle mobilise davantage de navires et renchérit la logistique pétrolière. Les tensions persistent également sur les prix internationaux. Le Brent a terminé la séance du 25 septembre à 104,32 USD le baril, malgré un recul d’environ 2 % lié aux perspectives de discussions entre Washington et Téhéran, selon Reuters.
En RDC, le risque concerne les carburants, le transport et les finances publiques
La République démocratique du Congo est exposée à cette situation principalement par ses importations de produits pétroliers raffinés. Une hausse du brut peut accroître les coûts d’approvisionnement des raffineries internationales, puis ceux des importateurs de gasoil et d’essence. Les primes d’assurance maritime, les frais de transport et le taux de change peuvent accentuer ou atténuer cette transmission.
Le risque est particulièrement sensible pour les transports routiers, les entreprises de logistique et les exploitations minières qui utilisent d’importantes quantités de carburant. Une augmentation prolongée de leurs dépenses énergétiques peut ensuite se répercuter sur le coût d’acheminement des marchandises vers les centres de consommation.
Cette transmission n’est cependant ni immédiate ni proportionnelle à l’évolution du Brent. En RDC, les prix à la pompe sont administrés et différenciés selon les zones d’approvisionnement. Le ministère de l’Économie nationale publie des structures tarifaires intégrant les différents paramètres de commercialisation des carburants. En avril 2026, le Gouvernement avait déjà procédé à des ajustements en invoquant les conséquences de la crise au Moyen-Orient sur les marchés internationaux.
La situation présente également une dimension budgétaire. Lorsque les autorités choisissent d’atténuer les hausses internationales pour les consommateurs, une partie du choc peut être supportée par les mécanismes de compensation des opérateurs pétroliers. À l’inverse, une révision des prix à la pompe peut accroître les charges des entreprises et des ménages.
Notre rédaction avait déjà examiné, début septembre, les risques liés à l’escalade autour d’Ormuz. Les derniers chiffres de Kpler apportent une nouvelle mesure du trafic réellement assuré, mais montrent aussi la fragilité de sa reprise. Pour la RDC, l’évolution des prochaines semaines devra être appréciée à travers les prix des produits raffinés importés, les coûts du fret et les nouvelles structures tarifaires publiées par le Gouvernement.
Peter MOYI









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