Les pertes et manques à gagner des sociétés pétrolières, c’est-à-dire ce que l’État leur doit parce qu’elles vendent à la pompe sous leur prix de revient, ont atteint 190,5 millions USD certifiés au premier semestre 2026. C’est près de 12 fois les 15,97 millions USD du premier semestre 2025, alors que les files reviennent devant les stations de Kinshasa et que le ministère des Hydrocarbures affirme que les stocks sont suffisants.
Le Comité de suivi des prix des produits pétroliers (CSPPP) a certifié 43 731 567 USD pour le premier trimestre, lors de ses travaux des 28 et 29 mai, puis 146 723 912 USD pour le deuxième trimestre, les 13 et 14 août. Le deuxième trimestre pèse 3,4 fois le premier, soit environ 49 millions USD par mois, d’après un calcul de Lepoint.cd. Les pertes du premier trimestre sont survenues surtout en mars, avec la crise entre l’Iran, Israël et les États-Unis. Pour le deuxième trimestre, 110,4 millions USD concernent les zones Ouest et Nord, dont Kinshasa, 31,2 millions USD la zone Sud et 5,1 millions USD la zone Est. Le gouvernement a choisi de préserver les prix à la pompe, selon les communiqués de certification.
Un prix bloqué alors que le baril reste élevé
Le CSPPP a relevé les prix de plus de 8 % le 17 avril, selon Bankable. En zone Ouest, l’essence est passée de 2 440 à 2 640 FC le litre. Le baril de Brent a pourtant atteint 106,6 USD le 24 septembre, soit 75 % de plus qu’à fin 2025, d’après la Banque centrale du Congo (BCC), et le franc a perdu 3,92 % face au dollar depuis janvier, ce qui renchérit les importations. Le troisième trimestre n’est pas encore certifié.
Le ministère de l’Économie nationale a mis en place des avances sur ces pertes, et le gouvernement a renforcé la collecte de recettes destinées au remboursement. Le ministère des Finances doit planifier l’apurement des 146,7 millions USD du deuxième trimestre, selon Reporter.cd.
Quatre démentis depuis mars
Les files d’attente ne sont pas nouvelles. La ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola, a démenti toute pénurie le 23 mars, puis le gouvernement l’a refait le 16 juin, le 8 septembre et le 6 octobre. En mars, les files avaient disparu vers le 27. Le ministère attribue les perturbations actuelles à la logistique, aux embouteillages et aux achats de précaution, et annonce des livraisons de nuit.
Un opérateur du secteur, Emery Mbasthi, avait avancé en mars une autre lecture. Selon lui, la difficulté est de reconstituer le stock vendu, et les pétroliers hésitent à vendre à perte s’ils ne sont pas certains de pouvoir se réapprovisionner. Il avait aussi rejeté l’accusation de rétention de stock, qui constitue une infraction. Cette explication n’a pas été confirmée par un calendrier de paiements, et les causes des files d’octobre peuvent différer de celles de mars.
La certification des manques à gagner du troisième trimestre dira si la facture dépasse les 146,7 millions USD du deuxième.









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