L’ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Jean-Claude Masangu Mulongo, affirme avoir instauré les cartes bancaires émises au nom de la BCC pour les déplacements des hauts responsables de l’État. Selon lui, elles ne couvraient que le transport, le logement et la restauration, avec un plafond mensuel, et les dépenses étaient débitées du compte du Trésor.
Invité le 6 octobre 2026 du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, M. Masangu, gouverneur de 1997 à 2013, situe le démarrage du dispositif vers 2002. Il dit être parti d’un constat, celui de responsables, du chef de l’État au ministre des Affaires étrangères, qui voyageaient sans frais de mission. Les cartes étaient émises au nom de la BCC et non du gouvernement, car « la Banque centrale avait la crédibilité ». Sous la formule « 1+4 », en 2003, le président, les quatre vice-présidents, leurs collaborateurs et le ministre des Finances en disposaient. Les bénéficiaires, a-t-il ajouté, étaient peu nombreux et choisis parmi ceux qui voyageaient le plus. Toute dérive entraînait, selon lui, le retrait de la carte, et celle d’un titulaire était bloquée à la fin de ses fonctions. « Ce n’est pas pour acheter des cravates, des chemises », a-t-il précisé.
Ces déclarations relancent un dossier ouvert en 2021. Le 24 mai de cette année, l’Inspection générale des finances (IGF) avait alerté le ministre des Finances de l’époque, Nicolas Kazadi, sur des cartes de crédit liées directement au compte général du Trésor, détenues en majorité par d’anciens responsables proches de Joseph Kabila. Dans une lettre du 11 juin 2021, le gouverneur de la BCC, Déogratias Mutombo, avait répondu que ces cartes étaient émises par une banque correspondante locale et adossées au compte en devises de la BCC. Selon lui, la BCC répercutait ensuite chaque montant utilisé sur le compte général du Trésor. Une liste de 34 bénéficiaires avait circulé, et la BCC avait annoncé l’annulation de toutes les cartes.
Le circuit décrit par les deux gouverneurs est donc identique, avec une dépense en devises débitée en fin de chaîne sur les finances publiques. L’IGF avait en outre demandé un relevé détaillé des opérations, que la BCC aurait dû lui fournir pour établir le montant total dépensé.









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