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À Kinshasa, l’essence passe à 2 440 CDF le litre, Mukoko Samba détaille sa méthode

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Dernière mise à jour : mars 3, 2026 12:24 pm
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il y a 3 mois
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À Kinshasa, le litre d’essence est passé de 3 440 CDF fin septembre 2024 à 2 440 CDF en février 2026, soit 1 000 CDF de moins pour le consommateur. Le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, attribue cette baisse à des réformes lancées depuis mai 2024 pour remettre de l’ordre dans la fixation des prix, réduire la facture pour l’État et stabiliser l’approvisionnement.

Vie chère : agir sur l’alimentation, le maïs et le carburant

À son arrivée au ministère, Daniel Mukoko Samba explique avoir ciblé trois leviers pour répondre vite à la vie chère : les prix des biens alimentaires courants, le maïs (très sensible dans les espaces Katanga et Kasaï) et les produits pétroliers, car le carburant pèse sur les coûts de transport et finit par se répercuter sur presque tout le reste.

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À Kinshasa, le litre d’essence est passé de 3 440 CDF fin septembre 2024 à 2 440 CDF en février 2026, soit 1 000 CDF de moins pour le consommateur. Le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, attribue cette baisse à des réformes lancées depuis mai 2024 pour remettre de l’ordre dans la fixation des prix, réduire la facture pour l’État et stabiliser l’approvisionnement.Vie chère : agir sur l’alimentation, le maïs et le carburant

Sur l’alimentation, il dit que la solution durable reste la production locale, mais que cela prend du temps. En attendant, il rappelle l’ampleur des importations : en 2024, la RDC a importé 267 000 tonnes de blé dur et près de 110 000 tonnes de riz. Il ajoute que, selon des estimations de la FAO, le pays devait importer près de 770 000 tonnes de céréales en 2024 pour couvrir la demande intérieure.

Dans cette logique, il affirme avoir proposé de réduire certains prélèvements qui renchérissent le coût des importations. Il cite le décret n°24/07 du 19 septembre 2024, qui a suspendu jusqu’au 31 décembre 2025 la perception de la TVA et réduit des droits de douane et d’autres prélèvements sur des produits alimentaires de première nécessité (comme la farine, le riz, le poisson). Selon lui, les effets se sont vus à partir de janvier 2025.

Pour le maïs, il explique avoir voulu limiter la spéculation pendant la période de soudure et mieux encadrer les importations et la circulation du produit, notamment entre la frontière avec la Zambie et l’intérieur du Kasaï. Il évoque des protocoles avec des sociétés importatrices et une coordination avec le Service national, ainsi qu’une subvention à la SNCC pour multiplier les convois vers le Kasaï malgré les difficultés sur la voie ferrée. Il ajoute qu’à partir de mi-2025, des volumes de maïs local sont arrivés sur les marchés, tout en reconnaissant que le chantier reste large.

Côté carburants, il dit avoir trouvé un secteur « sous forte tension financière », marqué par des pertes et des « manques à gagner » et par des prix calculés avec des écarts entre taux de change officiel et taux du marché. Sa réponse s’articule autour de trois axes : réviser la structure des prix pour enlever des paramètres jugés irréalistes, certifier strictement les pertes et manques à gagner, et réformer la fiscalité minière, avec notamment la fin des subventions carburant aux entreprises minières et l’obligation d’achats déclarés sous douane.

Le ministre avance trois résultats : une baisse des charges budgétaires, une amélioration des recettes publiques et une meilleure stabilité de l’approvisionnement. Il insiste sur le fait que, depuis le dernier trimestre 2025, l’État aurait « tourné la page des manques à gagner ».

Sur la mobilisation des recettes, il donne un exemple chiffré : en excluant les miniers de la subvention pétrolière à partir d’août 2025 et en encadrant plus strictement la collecte, les recettes douanières payées par cette catégorie seraient passées d’une moyenne de 4,5 milliards de CDF à 80 milliards de CDF par mois.

Au-delà des mesures, Daniel Mukoko Samba insiste sur une idée : les réformes doivent survivre aux personnes. Il parle de procédures formalisées, de traçabilité administrative et de dialogue structuré avec les parties prenantes pour éviter que tout dépende d’un seul responsable.

L’entretien touche aussi aux finances publiques. Interrogé sur le fait qu’un budget projeté de 22 milliards USD en 2026 coexiste avec une émission d’obligations du Trésor de 70 millions USD, il répond qu’un budget n’est pas une trésorerie disponible immédiatement. Pour lui, ces obligations servent à gérer les décalages entre recettes et dépenses et relèvent d’une gestion plus stable des liquidités de l’État.

Enfin, sur le partenariat avec les États-Unis, il dit qu’il ne s’agit pas d’un troc « minerais contre sécurité », mais d’une reconnaissance de la RDC comme partenaire stratégique, avec une coopération annoncée dans plusieurs domaines (économie, sécurité et défense, science et technologie, échanges de compétences institutionnelles). Il évoque des perspectives d’investissements et de transfert de technologies, tout en rappelant la nécessité de protéger l’intérêt national et d’assurer une mise en œuvre transparente.

— M. KOSI

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