Réunis le 18 septembre 2026 à Nairobi, les gouverneurs des banques centrales africaines ont appelé à accélérer la convergence macroéconomique du continent. Le constat sur les recettes publiques reste particulièrement contraignant puisque seulement un quart des pays atteignent le seuil de pression fiscale fixé par le programme monétaire africain. Pour la RDC, les données du FMI situent encore les recettes fiscales du gouvernement central autour de 10 % du PIB, bien en dessous du repère continental de 20 %.
La mobilisation des recettes intérieures reste l’un des principaux obstacles à la convergence monétaire africaine. Lors de la 48ᵉ réunion du Conseil des gouverneurs de l’Association des Banques Centrales Africaines, tenue vendredi 18 septembre à Nairobi, les participants ont constaté que seulement 25 % des pays remplissent actuellement le critère relatif à la pression fiscale, selon la Banque Centrale du Congo.
Le gouverneur André Wameso Nkualoloki participait à cette réunion après avoir pris part, deux jours auparavant, aux travaux du Bureau de l’ABCA en qualité de président de la sous-région Afrique centrale. Le programme officiel de l’Association confirme que les réunions annuelles 2026 se sont déroulées du 13 au 18 septembre au Central Bank of Kenya Institute of Monetary Studies, avec l’Assemblée des gouverneurs programmée le dernier jour.
Au-delà de la fiscalité, les travaux ont porté sur l’harmonisation des cadres de politique monétaire, la progression vers des régimes davantage fondés sur le ciblage d’inflation, la réduction du coût des paiements transfrontaliers ainsi que l’opérationnalisation de l’Institut monétaire africain.
Un seuil continental fixé à 20 % du PIB
Le critère fiscal évoqué à Nairobi n’est pas une recommandation générale sans seuil précis. Dans le Programme de coopération monétaire en Afrique, l’ABCA fixe le ratio des recettes fiscales sur le PIB à au moins 20 % parmi les critères de convergence. Le dispositif comprend également des exigences relatives à l’inflation, au déficit budgétaire, au financement monétaire du déficit, aux réserves extérieures, à la dette publique et à la stabilité du taux de change.
Pour la RDC, l’écart reste important. Dans son dernier cadrage disponible, le FMI projette pour 2026 des recettes fiscales du gouvernement central équivalant à 9,9 % du PIB, après 9,2 % estimés pour 2025. Ce périmètre statistique n’est pas strictement identique à celui utilisé par l’ABCA pour mesurer la pression fiscale totale, mais il donne une indication de l’effort encore nécessaire pour rapprocher le pays du seuil continental de 20 %.
Le problème n’est d’ailleurs pas propre à la RDC. Lors de la précédente réunion ordinaire de l’ABCA, consacrée aux résultats de 2024, seulement 12 banques centrales sur 53 avaient satisfait simultanément aux cinq critères de premier rang et trois pays seulement aux trois critères de second rang. La BCC avait alors été chargée de présider la sous-région Afrique centrale pour l’exercice 2025-2026 et de contribuer au suivi des feuilles de route d’harmonisation monétaire.
La faiblesse de la pression fiscale pose une difficulté particulière dans un projet d’intégration monétaire. Une union monétaire exige des États capables de financer leurs budgets avec des ressources domestiques suffisantes, tout en limitant les déficits et le recours au financement monétaire. Des écarts persistants entre pays compliquent donc l’harmonisation des politiques économiques et augmentent le risque que les économies réagissent différemment aux mêmes chocs.
Les gouverneurs ont également poursuivi les travaux autour de l’Institut monétaire africain, appelé à préparer techniquement la future Banque centrale africaine. L’Union africaine présente cette institution comme un outil de surveillance de la convergence macroéconomique et d’harmonisation des politiques monétaires. Son opérationnalisation fait partie des travaux engagés en 2026 après l’adoption de son cadre institutionnel par les organes de l’Union africaine.
Pour la RDC, les prochaines années permettront donc d’évaluer simultanément plusieurs trajectoires. L’évolution du ratio des recettes fiscales au PIB, la maîtrise de l’inflation, la stabilité du franc congolais et le développement des paiements régionaux permettront de mesurer concrètement la progression du pays vers les critères africains de convergence, au-delà de sa participation institutionnelle aux travaux de l’ABCA.
H. KABAMBA









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