La République démocratique du Congo veut accélérer la modernisation de son agriculture. Le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, a lancé, vendredi 5 juin à Mbanza-Ngungu, les travaux de construction de la première usine congolaise de fabrication et d’assemblage de tracteurs, un projet présenté comme un tournant dans la politique de mécanisation agricole du pays.
Érigée au village Kinzalandi, dans la province du Kongo-Central, cette future unité industrielle vise à faire de l’agriculture l’un des piliers de la diversification économique nationale, à travers le concept de la « revanche du sol sur le sous-sol ».
« Nous ne sommes pas ici uniquement pour poser une première pierre. Nous lançons une dynamique nouvelle qui répond à la vision du Chef de l’État de faire de l’agriculture le moteur de notre développement », a déclaré Muhindo Nzangi devant les participants.
Selon le ministre d’État, le projet se déploiera en plusieurs phases. La première consistera à assembler localement des tracteurs avant d’évoluer progressivement vers leur fabrication complète sur le territoire national.
Cette montée en puissance doit permettre à la RDC de réduire sa dépendance aux importations d’équipements agricoles et de développer une industrie locale capable d’accompagner la transformation du secteur.
Porté par Congo Motors avec l’appui technologique du constructeur américain CASE IH, le projet ambitionne de rapprocher les équipements des agriculteurs tout en renforçant les capacités industrielles du pays.
Un marché évalué à 5 000 tracteurs par an
Le gouvernement estime les besoins nationaux à environ 5 000 tracteurs par an pour soutenir la modernisation de l’agriculture et améliorer les rendements des exploitations agricoles.
Dans cette optique, Muhindo Nzangi a annoncé qu’une commande publique de 3 000 tracteurs a déjà été engagée afin d’accompagner les producteurs agricoles à travers les différentes provinces du pays.
A l’en croire, la disponibilité d’équipements adaptés constitue une condition essentielle à l’augmentation de la production agricole et à la réduction des importations alimentaires.
Par ailleurs, au-delà de la fabrication des tracteurs, la future usine entend répondre à une autre faiblesse structurelle du secteur : l’entretien des équipements agricoles.
De nombreux engins acquis au cours des dernières années sont aujourd’hui à l’arrêt faute de pièces de rechange ou de techniciens spécialisés. L’unité industrielle intégrera ainsi un centre de maintenance et de formation destiné à assurer le suivi technique des équipements et à développer une expertise locale dans les métiers de la mécanisation agricole.
À travers ce projet, le gouvernement espère jeter les bases d’une filière industrielle agricole nationale, capable de soutenir durablement la modernisation du secteur et de contribuer à la souveraineté alimentaire du pays.
Eldad B.





