Le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, a reçu mardi la direction du Fonds pour l’inclusion financière (FPM), conduite par son directeur général Patrick Nkongo. Les deux institutions veulent aligner leurs actions sur le Plan stratégique 2026-2030 de la BCC, avec une priorité, faire grandir le système financier en monnaie nationale et renforcer l’accès aux services financiers.
Le FPM a présenté à la BCC l’état de ses activités et sa montée en puissance sur les deux dernières années. Patrick Nkongo a mis en avant une solidité financière renforcée et une capacité d’intervention nettement accrue. Il a aussi rappelé l’ambition du Fonds, agir comme partenaire opérationnel des six axes stratégiques affichés par la BCC, l’indépendance, la gouvernance, la gestion des talents, la digitalisation, l’inclusion financière et la communication institutionnelle.
Dédollarisation, MPME et paiements numériques, ce que cela change concrètement
Au cœur des échanges, il y a la dédollarisation, c’est-à-dire l’idée de réduire la place du dollar dans les transactions et les financements au profit du franc congolais (CDF). Le FPM dit vouloir contribuer à cet objectif en orientant davantage ses refinancements et ses garanties en CDF vers les micro, petites et moyennes entreprises (MPME). Pour ces entreprises, l’enjeu est simple, accéder à des financements dans la monnaie qui correspond à leurs revenus et à leurs dépenses du quotidien, plutôt que de s’endetter dans une devise qui peut devenir plus coûteuse si le taux de change bouge.
Le FPM conditionne cette orientation à la mobilisation de ressources supplémentaires en monnaie nationale, avec l’appui du gouvernement. En pratique, cela renvoie à une question de “carburant financier”, sans ressources suffisantes en CDF, il devient difficile d’augmenter durablement les financements en monnaie locale.
La modernisation des paiements a aussi occupé une place importante. Patrick Nkongo a insisté sur le rôle du FPM dans la transformation numérique du secteur, notamment via les fintech et le mobile banking. Le Fonds affirme digitaliser les institutions financières de proximité, celles qui travaillent au plus près des ménages et des petites activités. Pour le grand public, ces chantiers pèsent sur des réalités très concrètes, ouvrir un compte plus facilement, sécuriser les transactions, payer ou recevoir de l’argent sans se déplacer, et réduire certains coûts liés au cash.
De son côté, André Wameso a salué la position du FPM sur l’inclusion financière et la digitalisation. Il a indiqué que ces deux priorités ont été retenues comme piliers centraux de l’action de la BCC pour les cinq prochaines années, à l’issue d’une retraite stratégique à Kisangani. Le gouverneur a aussi annoncé une implication plus active de la BCC pour que la croissance du système financier se fasse davantage en monnaie nationale, avec un travail conjoint prévu avec le FPM.
Le rapprochement entre la BCC et le FPM vise ainsi un même cap, un écosystème financier plus résilient, plus souverain et plus accessible, en particulier pour les ménages à faibles revenus et les MPME.
— M. MASAMUNA



