Budget 2024 : vers une gestion optimisée des 10 % de dépenses communes pour relancer le portefeuille public

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Les états généraux du portefeuille en RDC ont été le théâtre d’échanges intenses autour des solutions à apporter aux défis des entreprises publiques. Parmi les interventions marquantes, celle de Modeste Bahati Lukwebo, président du Sénat, a attiré l’attention avec des recommandations orientées vers l’efficacité et la durabilité. Il a appelé à une recapitalisation des entreprises publiques présentant un retour sur investissement rapide, inférieur à 10 ans. Cette initiative, selon lui, serait cruciale pour revitaliser le secteur et garantir un impact économique tangible.

L’idée de création d’une Agence de participation de l’État (APE), également mise en avant, vise à repenser la gestion des entreprises publiques en la rendant plus structurée et performante. Cette réforme légale et réglementaire permettrait de clarifier les rôles et responsabilités entre l’État-actionnaire et ces entreprises, tout en favorisant une synergie pour maximiser leur rentabilité.

Dans le même élan, Aimé Boji, ministre d’État chargé du Budget, a axé son intervention sur la nécessité de mieux contrôler les dépenses communes, en particulier celles liées à l’eau et à l’électricité consommées par les institutions étatiques. Selon lui, une gestion rationnelle de ces dépenses pourrait libérer des ressources considérables. Il a notamment évoqué les projections budgétaires de 2024, estimant ces charges à 4 461 milliards de francs congolais, soit 10 % des dépenses de fonctionnement du pays. Sur cette enveloppe, 665,9 milliards sont destinés à la REGIDESO et 418 milliards à la SNEL.

La rationalisation de ces coûts permettrait de régler des créances accumulées par l’État et de stabiliser les finances des entreprises publiques. Une telle approche offrirait à ces entités l’opportunité de se concentrer sur leurs missions principales, tout en renforçant leur contribution au développement socio-économique national.

Ces réflexions s’inscrivent dans le cadre d’une redéfinition des rôles de l’État dans la gestion des entreprises publiques. Les discussions autour du thème « État puissance publique et État-actionnaire » soulignent l’urgence d’une complémentarité harmonieuse pour garantir un avenir plus prometteur à ces entreprises. Les recommandations issues de ces échanges pourraient bien marquer un tournant dans la manière dont le portefeuille public est géré en RDC, avec des retombées positives pour l’ensemble de l’économie.

Article rédigé par Peter MOYI

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