Budget 2025 de la RDC : sources des recettes et priorités de dépenses

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Budget

Le pouvoir central projette un budget équilibré à 49 846,8 milliards FC pour 2025, en hausse d’environ 21,6 % par rapport à la LFI 2024 (40 986 milliards FC). Le cadrage retient une croissance du PIB de 5,7 %, une inflation moyenne de 10,3 % et un taux de change moyen de 2 954,4 FC/USD. Le PIB nominal est estimé à 213 544,4 milliards FC.

Où l’État prend l’argent, et à quoi il l’affecte

Le budget total réunit trois volets : le budget général (45 376,9 milliards FC), les budgets annexes (788,9 milliards FC) et les comptes spéciaux (3 680,8 milliards FC). Au sein du budget général, les recettes internes représentent 31 719,1 milliards FC, soit 69,9 % du total, et les recettes extérieures 13 657,8 milliards FC (30,1 %). L’effort repose surtout sur les administrations économiques : DGI 15 898,0 milliards FC, DGDA 7 539,0 milliards FC, recettes non fiscales (dont DGRAD) 7 355,8 milliards FC. La capacité de collecte de ces régies conditionne directement l’exécution des politiques publiques, de la paie des agents aux investissements.

Côté dépenses du budget général, la structure 2025 met en avant les postes de fonctionnement et d’investissement. Les dépenses de personnel s’élèvent à 10 152,7 milliards FC, reflet du poids des salaires dans le fonctionnement des services. Les transferts et interventions atteignent 8 260,8 milliards FC, couvrant subventions, aides et prestations sociales. Pour le fonctionnement courant, les prestations sont prévues à 1 564,5 milliards FC, tandis que biens et matériels mobilisent 755,6 milliards FC.

Le cœur de l’effort physique se lit dans l’investissement : équipements 14 428,1 milliards FC et constructions, réfections, réhabilitations 8 208,5 milliards FC. Plus de 22 600 milliards FC seront ainsi dirigés vers l’outillage des administrations, les infrastructures et les projets structurants. L’encours de dette appelle des remboursements de capital à 1 675,4 milliards FC et des frais financiers de 331,4 milliards FC. L’ensemble des dépenses est calé à 49 846,8 milliards FC, en équilibre avec les recettes.

Pour le grand public, trois repères facilitent la lecture : la taille du budget progresse d’un cinquième avec un environnement macroéconomique supposant une inflation qui recule sans retrouver un niveau à un chiffre ; sept francs sur dix proviennent de la collecte interne (impôts, douanes, non fiscales), trois francs sur dix d’appuis extérieurs et financements ; la priorité matérielle se confirme avec des montants élevés pour les équipements et les chantiers, tout en maintenant la paie et les transferts indispensables au fonctionnement de l’État et à la protection sociale.

Pour les ménages et entreprises, les arbitrages budgétaires se traduisent par une relation claire : la qualité de la collecte par la DGI, la DGDA et la DGRAD alimente la capacité d’investissement et la fourniture des services publics. La composition des dépenses suggère un État qui cherche à accroître le stock d’infrastructures et d’équipements tout en honorant ses engagements récurrents (salaires, transferts, dette). L’efficacité de l’exécution dépendra de la trajectoire des prix, de la stabilité du change autour de 2 954,4 FC/USD, et de la résilience de l’activité au rythme ciblé de 5,7 % de croissance.

— M. KOSI

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