Le gouvernement congolais inscrit dans le projet de loi de finances 2026 une enveloppe de 5 391,9 milliards de CDF, soit environ 2,1 milliards USD, pour la construction, la réfection, la réhabilitation, l’extension d’ouvrages et d’édifices publics, ainsi que pour l’acquisition immobilière. Ce poste pèse 10,6 % des dépenses du budget général, un niveau élevé pour des dépenses d’investissement, car il traduit un choix de privilégier le capital public, routes, bâtiments, équipements, plutôt que la seule dépense courante.
Sur le plan strictement budgétaire, un point retient l’attention. Le texte évoque une régression de 3,4 % par rapport à 2025, tout en reprenant le même montant de 5 391,9 milliards de CDF pour l’exercice précédent. Cette incohérence apparente suggère soit une base de comparaison différente, soit une donnée 2025 mal reportée. Dans tous les cas, l’enjeu reste le même, la trajectoire de l’investissement dépend autant des crédits votés que de leur exécution réelle.
L’investissement public reste élevé, mais le test sera l’exécution et la qualité de la dépense
Les crédits 2026 ciblent principalement les équipements et les constructions, des dépenses dites « d’investissement », censées soutenir l’activité à moyen terme. En logique macroéconomique, ce choix peut jouer sur la croissance en améliorant la productivité, par exemple quand une route réduit les coûts de transport ou quand un centre de santé limite les pertes de revenus liées à la maladie. Mais l’effet dépend du rythme d’exécution et du contrôle de la dépense, car un chantier retardé ou mal supervisé se transforme rapidement en coût sans bénéfice.
Une part importante des ressources est orientée vers le Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T), présenté comme un instrument de réduction des disparités entre territoires et de rapprochement des services de base des communautés. L’enveloppe doit aussi couvrir d’autres projets prioritaires du gouvernement central, ainsi que des initiatives portées par les provinces et les Entités Territoriales Décentralisées (ETD), ce qui pose un enjeu de coordination, la multiplication des maîtres d’ouvrage accroît le besoin de suivi, d’audit et de transparence.
La Caisse nationale de péréquation figure également parmi les bénéficiaires annoncés. Son rôle est d’appuyer une répartition plus équitable des ressources publiques entre provinces, un point sensible dans un pays où les besoins d’infrastructures varient fortement selon les zones.
Le gouvernement veut moderniser les infrastructures publiques, notamment les routes, les bâtiments administratifs, les écoles, les centres de santé et d’autres équipements collectifs. Le signal budgétaire est clair, mais la crédibilité du volet investissement en 2026 se jouera sur trois paramètres techniques, la capacité à engager les crédits, la qualité de la gouvernance financière et le respect des délais de réalisation.
M. MASAMUNA


