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Budget 2026 : un cadrage en hausse sous contrainte de recettes

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La préparation de la loi de finances 2026 est entrée dans une phase décisive à Kinshasa. Le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, a confirmé que le projet soumis prochainement au Parlement sera revu à la hausse, avec l’objectif de doubler le volume des recettes publiques au cours de son mandat. Pour y parvenir, il mise sur la consolidation des réformes fiscales, la rationalisation des dépenses et un contrôle plus strict des exonérations.

À ses côtés, le ministre d’État chargé des Relations avec le Parlement, Guy Loando Mboyo, a souligné la nécessité d’un travail concerté avec les deux chambres législatives afin de sécuriser le vote d’un texte qui engage directement la trajectoire économique du pays. « Nous serons appelés à travailler ensemble tout au long de la session budgétaire », a-t-il indiqué, rappelant que le Parlement n’est pas seulement une chambre d’enregistrement mais aussi un espace d’ajustement des arbitrages.

Un budget attendu comme test de crédibilité

L’enveloppe 2026 devrait franchir un palier inédit si les hypothèses de mobilisation de recettes se concrétisent. Aujourd’hui, les recettes internes représentent encore une part limitée du PIB (environ 13 à 14 %), loin de la moyenne africaine supérieure à 18 %. Pour respecter sa promesse de doublement, le gouvernement devra élargir l’assiette fiscale, sécuriser les droits de douane et mieux capter la rente minière, qui constitue près de 45 % des recettes d’exportation selon la Banque centrale du Congo.

Les dépenses, elles, seront contraintes par un contexte de besoins pressants : la remise en état des infrastructures routières dans l’Est, l’appui aux forces de sécurité et le financement des programmes sociaux. Muzito a insisté sur la nécessité de transformer les engagements présidentiels en réalisations tangibles. La logique affichée est celle d’un arbitrage sélectif : réduire les dépenses de fonctionnement et dégager des marges pour l’investissement productif.

Cette orientation s’inscrit dans une séquence où la transparence budgétaire est devenue un critère de soutien des bailleurs. La Banque mondiale et le FMI ont, à plusieurs reprises, rappelé que la soutenabilité de la dette congolaise dépendra de la capacité à accroître les recettes domestiques sans alourdir les déficits. En 2024, le déficit budgétaire s’élevait déjà à plus de 2,5 % du PIB, absorbant une partie de l’espace de manœuvre monétaire.

Le rôle du Parlement sera donc déterminant : examiner la soutenabilité des prévisions, contrôler la qualité de la dépense et garantir que les priorités—routes, éducation, santé—soient effectivement financées. Pour Guy Loando, ce dialogue institutionnel est un passage obligé afin d’éviter les blocages lors de l’exécution.

Le projet de loi de finances 2026 se présente ainsi comme un test grandeur nature : il doit démontrer que la RDC est capable de passer d’un budget voté en hausse à un budget réellement exécuté, crédible aux yeux des marchés et utile pour la population.

Peter MOYI

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