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CADECO : Célestin Mukeba prend les commandes pour digitaliser l’épargne en RDC

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La nomination de Célestin Mukeba à la tête de la CADECO, annoncée le 23 juillet 2025, résonne comme une étape attendue pour la relance du secteur de l’épargne en République démocratique du Congo. La nouvelle équipe est appelée à repositionner la Caisse Générale d’Épargne du Congo, une institution qui a progressivement perdu son poids dans la mobilisation des ressources domestiques. L’établissement, autrefois pilier de l’épargne populaire, s’est ces dernières années replié sur la collecte de taxes et impôts, délaissant sa vocation première.

La CADECO face à l’exigence d’une transformation opérationnelle

En RDC, le taux de bancarisation plafonne sous les 10 %, selon les dernières données de la Banque centrale. Ce chiffre illustre la difficulté d’accès aux services financiers formels pour la majorité de la population, en particulier en milieu rural. La CADECO, par sa mission statutaire, se doit de redevenir un outil clé dans la circulation de l’épargne nationale et le financement du développement, alors que le besoin de liquidités et d’investissements productifs s’accroît.

La stratégie de redressement devra s’appuyer sur la digitalisation des services, un virage incontournable déjà pris par plusieurs établissements africains, mais encore trop timide en RDC. L’introduction de solutions fintech, à l’exemple du Kenya où M-Pesa a permis à plus de 60 % de la population d’accéder à des services bancaires basiques, pourrait constituer un levier majeur pour la CADECO. L’objectif affiché : toucher plus de 2 millions de nouveaux clients sur cinq ans, selon un plan interne consulté par Lepoint.cd.

Sur le volet des partenariats, la CADECO est attendue sur des alliances concrètes avec des bailleurs internationaux et des ONG spécialisées, capables d’apporter des ressources et un savoir-faire pour renforcer la gestion des risques et diversifier les produits d’épargne. Le volume des dépôts bancaires, qui stagne autour de 6 % du PIB en RDC (contre une moyenne de 25 % en Afrique subsaharienne), montre l’étendue du chantier.

Pour Célestin Mukeba, la priorité technique sera aussi la sécurisation du réseau existant, particulièrement dans l’Est où l’insécurité affecte la continuité des services. Cela passe par la modernisation des outils de gestion et une politique active de microfinance. L’intégration de l’entrepreneuriat féminin dans l’offre de crédit et d’épargne n’est plus une option, avec plus de 60 % des PME portées par des femmes travaillant encore dans l’informel, selon l’AFD.

L’histoire de la CADECO, fondée en 1950 et réformée en 1978, ne suffit plus à convaincre sans réformes visibles. Le défi du nouveau management sera de restaurer la confiance, condition indispensable à toute mobilisation de ressources à grande échelle. Les premiers signaux sont attendus sur la digitalisation, la transparence des comptes et la capacité de la CADECO à soutenir l’économie réelle, notamment l’habitat, les PME et les investissements de proximité.

— M. MASAMUNA

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