Le Comité élargi des prix des produits pétroliers, réuni à Lubumbashi, a approuvé le 22 juillet 2025 une refonte des grilles tarifaires pour le Sud et l’Est de la République démocratique du Congo. Ce réalignement vise à stabiliser un marché stratégique où chaque variation a un impact direct sur l’inflation, la parité du franc congolais et l’équilibre du secteur minier.
L’impact budgétaire et monétaire d’une nouvelle structure tarifaire
Dès la rentrée, ménages, compagnies minières et transporteurs devront composer avec de nouveaux tarifs sur l’ensemble des produits pétroliers terrestres, le carburant d’aviation et le gaz de pétrole liquéfié dans la zone Ouest. À ce stade, plus de 85 % de la demande nationale reste couverte par les importations, confirmant la dépendance structurelle du pays face aux fluctuations du dollar.
L’innovation majeure introduite lors de cette session réside dans la différenciation tarifaire entre sociétés minières et autres utilisateurs, un choix qui s’inscrit dans une logique de fiscalité sélective et de redistribution. Selon les premières projections, cet ajustement technique devrait générer un différentiel de 8 à 12 % sur les prix appliqués, ce qui permettra d’augmenter les recettes publiques issues du secteur extractif, tout en préservant le pouvoir d’achat des foyers déjà fragilisés par une inflation qui flirte actuellement avec les 18 % selon la Banque centrale.
Pour Albert Kasongo Mukonzo, directeur de cabinet au ministère de l’Économie nationale, “cette révision vise à rétrécir l’écart entre les taux de change officiel et parallèle, une priorité pour la stabilité du franc congolais.” La Banque centrale, qui lutte pour contenir la dépréciation de la monnaie locale – celle-ci a perdu près de 12 % de sa valeur depuis janvier – voit dans la transparence tarifaire un outil complémentaire à la gestion de la liquidité bancaire.
Sur le terrain, le secteur minier absorbe à lui seul près de 60 % des volumes pétroliers acheminés dans les provinces du Sud et de l’Est. En modulant les prix en fonction des usages industriels ou domestiques, le Gouvernement espère limiter la spéculation, réduire les opportunités de fraude et aligner la fiscalité sur la réalité des flux économiques.
“Nous nous engageons à appliquer strictement le nouveau cadre tarifaire”, a déclaré Joseph Twite Maloba, président de la Commission hydrocarbures de la FEC/Haut-Katanga. La Fédération des entreprises du Congo entend jouer le jeu de la régulation pour maintenir la confiance avec l’État, dont la stratégie vise une hausse des recettes et une meilleure discipline sur les circuits de distribution.
Reste maintenant à attendre l’arrêté du vice-Premier ministre Daniel Mukoko, dernière étape avant l’entrée en vigueur officielle de ces mesures. Pour la RDC, ce mouvement sur les prix pétroliers ne se limite pas à un simple ajustement sectoriel : il s’agit d’un signal adressé aux marchés, aux partenaires et à la Banque centrale, dans un contexte où chaque décision tarifaire résonne sur l’ensemble des équilibres économiques nationaux.
— M. MASAMUNA


